SCÈNE XIII. .i
MADAME V A L E N T I S , rt Angélique. Y.\ï bien donc? Tenez-vous droite, bouvière.
MADAME PINUIX.
Vous avez là une aimable enfant, madame, qui paroit bien sage et bien élevée..
tlle? c'est une sournoise que son jktc me gi^^c.
MADAME PINUIN.
\o\\i> songez bientôt à la marier, san.*. doute '
MADAME V A L E N T I N
A la marier, madame! à la marievi cela ne preâ?e pas.
ATv GÉr-IQUE.
Ohl vraiment, non, madame, je n'ai encore que seize ans, et ma m«re n'a été mariée qu'à trente- Uful.
MADAME VALENT IN
Elibien! tenex , cette impertinente, avec ses seixe atis et ses trente-neuf; on va s'imaginer que j en ai soixante : je ne vous mènerai jamais avec moi, votre père aura beau dire et beau faire.
MADAME l'INUlX.
.T(> ne vous conseillerois pourtant pas, madame, de la laisser s^ule en ce pays-ci, surtout; l'air d une armée est si dans:ercux, et pour des jeuneâ peisonnes de Taris encorei Dès qu'il s'en égare quelqu'une dans ce camp, pour trois ou quatre " jours seulement, il faut savoir toi:îc3 les sottises cm'on en dit.
i56 LES CURIEUX DE COMPIÈGNE«
MADAME V A L E N T I N
Je le crois bien, vraiment; mais pour moi, je veille la mieune Je près, et je ne crains pas que le voyage du camp fasse aucun tort ni à sa réputation , ni à la mienne.
MADAME P I N U I N
oh! je sais clans quelle retenue et dans quelle contrainte vous l'élevez, madame, et cela est fort louable, je vous assure.
ANGÉLIQUE
Et fort chagrinant pour moi, madame, qu'on n'ait pas assez bonne opinion de ma conduite. . . .
MADAME V A L E W T I N
Jelacroisfortbonne:mais lesoinquej'en prends ne la rendra pas plus mauvaise.
MADAME PI NUI H
Non, assurément; on ne sauroit prendre trop de précautions pour empêcher de jeunes personnes de répondre aux témoignages d'estime et de tendresse que de jeunes gens peuvent leur donner.
Je suis toujours en garde là-contie.
MADAME PIN U IN
Et vous faites fort uien; le siècle est si perverti, et les hommes d'aujourd'hui sont si rusés ei si adroits
MADAME V A L E ÎJ T I N .
Je délie qui que ce soit de m'attraper.