ANTENOR
Non, il ne mourra pas, j'ai besoin de ses jours ; Ma haine intéressée en respecte le cours ; Qu il reste avec les siens à nos armes en proie , Pour me répondre ici des vengeances de Troie. Zelmire et Polidore à l'instant vont périr; C'est par leur châtiment que je veux le punir.
i3o ZELMIRE.
Tandis qu'à leur arrêt je montre un cœur sensible, Du peuple qui le rend je suis l'aine invisible. Ainsi dans leur cercueil mon crime enseveli Est couvert à jamais des voiles de l'oubli; Croyant Azor vengé, nul ne suivra la trace D'un forfait que leur sanç; à tous les yeux efface.
Tes services nouveaux ont passé mes soubaits; Au-delà de tes vœux j'élendiai mes bienfaits.
Seigneur, je sais borner ma modeste espérance; Le succès de mes soins sera leur récompense.
Mais ne craignez-vous pas que ce peuple attendri D'an remords dangereux n'écoute enlln le cri? J'ai vu le saint respect , l'amour involontaire Qu'imprime ici d'un roi j'.uiguste caractère.
Ils l'ont trop offensé pour ne le point baïr ; On n'aime plus son roi quand on l'a pu trahir. Ils pensent par sa mort prévenir sa justice, Et détruire un vengeur armé pour leur sa2)plicc. Polidore n'est plus qu'un t\ran détrôné: Leur roi, c'éloit Azor qu'ils avoient courouné. De leur amour pour lui l'ivresse est incroyable ; Le fanatisme y joint son zèle inifiitoyable. Les organes des dieux que ton or fait parler, L'usage antique et saint qu'ils vont renouveler, En donnant, sous mes yeux, à ce sanglant supplice L'appareil imposant d'un pompeux sacrifice; Cette loi d'immoler, par le chef des guerriers. Sur le tombeau des rois leur.s lâches meurtriers; Tout asservit le peuple à mon puissant génie, Tout échauffe et souli.-nt sa pieuse furie.
Tel est l'art de régir ces crédules humains , Qui, fermes dans le pli que leur donnent nos mains, Aveugles instruments du héros qui les guide. Avec un esprit foible ont un cœnr intrépide ;