‹ Œuvres choisies de De BelloiChapitre 116 sur 361 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

ANTENOR, POLIDORE, ZELMIRE

SOLDATS THRJLCES, SOLDATS LESBIEÎîS, PEUPLES.

( Les Tliraces se rangent le long des arbres du côté de I« ville, le peuple auprès du temple, les soldats près dit toniLeau. Uû d'eux porte Furne d'Azor. }

£ELaiiFt£, regardant le tomLeau.

C'est donc ici l'autel On ces dieux destructeurs qui protègent l'impie Vont lui sacrilier l'innocence (lètrie.

O mon père! voilà le prix de la Tertuî L'opprobre est imprimé sur son front méconnu : Par d'heureux scélérats fea splendeur usurpée Des ombres du forfait la laisse enveloj)pée ; Elle lueurt sans goûter le stérile plaisir D'emporter son nom même à son dernier soupir.

POLIDORE

Va, l'opprobre n'est point pour ta vertu sublime, Qui parmi ses bourreaux s'applaudit et s'estime ;

( monlraut Autéuor. ) Il est pour ce coupable au faite du bonheur, Qui ne peut sans frémir descendre dans son cœur. Vous, chargés des bienfaits de ma triste famille, O peuple ! en m'immolant , pourquoi frapper ma £lle ?

i52 Z EL M IRE.

Dans mon sang épuisé que vos Lras assouris Rendent du moins à Troie , elle , Ilus, el son /ils ; Que mes yeux expirants les arrosent de larmes; Et dans vos cruautés jf trouverai des charmes.

A N TÉ N O R

Ts'on, Zelraire avec vous doit recevoir la mort, Et des deux Phrygiens on m'a remis le sort.

O rage! ô désespoir! épouse, fille, mère.

Ces noms sont mes bourreaux à mon heure dernière.

( Elle marche eu désespérée. ) Va , peuple meurtrier, fier tyran de tes rois. Qui massacres ton prince au nom même des lois , Tout souillé de son sang , cette tache éternelle Sur tes derniers neveux sera toujours nouvelle ; Ou plutôt les Troyens , par ma mort excités , En immenses tombeaux changeront vos cités : Que la contagion, que la faim dévorante Y mêlent leurs fléaux à la guerre sanglante ; Que vos fils , arrachés de leurs berceaux brisés, Soient à vos yeux mourants sur la pierre écrasés ; Que l'enfer, soulevant les abimes des ondes , Fasse écrouler voire isle en ses flammes profondes; Qu'il dévore à jamais ce monstre furieux. L'opprobre des mortels et la honte des dieux !

Les dieux vont te punir, je vois Rhamnès descendre .

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