DE BEI.LOI. I
i46 LE SIEGE DE CALAIS.
Soudain tonne l'airain , jusqu'alors invisible : Et ses bouches de feu vomissent dans nos rangs
Les instruments de mort qu'il porte dans ses flancs. TSos braves clievaliers , et mon père à leur tête , De cent globes de fer ont bravé la tempe le ; Quand , sous des coups mortels, son coursier chancelant L'entraîne et se débat sur mon père sanglant Plus prompts que tous mes cris qu'ils ne pouvoienf
entendre, Les François éperdus volent pour le défendre : (^rabien l'amour encore embrasoit leur valeur ! Pour leur père commun ils avoient tous mon cœur. Mais toujours plus fatal pour les plus magnanimes , Ce foudre inépuisable entasse ses victimes : Et nos rangs , écrasés par ses feux renaissants , Ne sont qu'un long monceau de cadavres fumants. Sur les restes épars de ce vaste carnage , Le glaive a de la flamme achevé le ravage : Et des Anglois vainqueurs, en délestant ses jours . Mon père enfin reçoit des fers et des secours : C'est au fils d'Edouard , jaloux de sa vaillance , Qu'on dit qu'il a rendu les débris de sa lance.
SAINT-PIERRE
Quel sort! Autant que vous je m'en dois affliger... Mais ma bouche frémit de vous interroger, Madame. Je fus père : ah î ce combat funeste M'enleve-t-il encor le seul fils qui me reste ?
Je l'ai vu malgré lui porté par nos soldats Qu'il inondoit du sang qui couloit de son bras : Tant qu'il a pu combattre il fut notre espérance.
s AI NT- PIEU RE.
Il respire ! et son sang a coulé pour la France..! Double faveur des cieux qui se répand sur moi !