ACTE III, SCENE III
Vous , leui' roi!
SAINT -PIERRE, à SOU fils.
Titre vaia, sans l'aveu des sujets, (à Eilouard. ) Aux pieds de mon vainqueur j'apporte ici ma télé.
EDOUARD
Crois qu'elle y va tomber : ton supplice s'apprête.
Sois sur que l'échafaud où tu seras livré
Du troue qui m'attend est le premier degré.
Traître, c'est donc par toi, par ta perlide audace,
Que ma victoire ici devient une disgrâce !
Je veux gagner des cœurs , et quel jjrix est le mien .'
Une vaste cité sans un seul citoyen :
Des toits, de vains séjours qu'habite le silence.
Et d'un amas de murs la solitude immense.
SAINT-PIERRE
Dans Londre à vos vertus tous les cœurs vont s'offr i r ; Valois n'en laisse point en France à conquérir. Le peuple de Calais instruit votre prudence : Dussent tous les François s'exiler de la France ; Si vous prétendez voir nos cités vous servir. De nouveaux citoyens il faudra les remplir.
Va , ton sang éteindra l'ardeur de ce faux zelt , Et bientôt Ja terreur glace un peuple rebelle. Mais. ..qui sont ceux de vous dont le sort A fait choix .^
s A I N T - P I E R R E , les moutraiit- D'Aire, les deux Wissans, noms obscurs autrefois^ ^Maintenant immortels aux fastes de Ihistoire, Dans ma seule famille ont renfermé la gloire Dont tous nos citoyens se montroient si jaloux.
EDOUARD, avec une surprise mèit'e iF admiration. Quoi ! c'est là ta famille ?
A M B T, t T u s E , ou uu autre hourgeois.
Oui ; (juel honneur pour nous
Valois sans vos rigueurs n'aui'oit pu nous connoitre; Et nous allons mourir pleures par notre maître.
A u R E li E , avec vivacité.
Que n'avez-YOus pu voir le triomphe inoui Dont par vous seul , seigneur, nos l'egards ont joui , Quand ce peuple, quittant des demeures si chères , L'espoir de ses enfanis, les tombeaux de ses pères , Prêt à nous laisser seuls dans ces remparts déserts, Apportoit à nos pieds tant d'hommages divers! O mélange touchant de douleur, d'alégresse, D'envie et de pitié , d'horreur et de tendresse '.' Les femmes, les vieillards nous serroient dans leurs
bras ; Leurs lils venoient baiser la trace de nos pas : JNos visages, nos mains se trempoient dans lenrs
larmes...
Ah! seigneur, la victoire eut pour vous moins de
charmes.
EDOUARD
Tout m'étonne et m'irrite... Ah! c'esttrop mebraver. De ma juste fureur rien ne peut les sauver.
J'en appelle à vous même , et je prends leur défense. Vous aviez à mon choix remis ma récompense , Quand mes vœux modérésretranchant vos bienfaits Toujours à vos bontés laissoient quelques regrets ; Eh bien î n'ordonnez pas , hors des champs de la
gloire , Que le sang des François souille encor ma victoire : C'est là l'unique prix que je veux obtenir En partant pour l*exil où mes jours vont finir.
EDOUARD
Quel discours .' un exil !
HARCOURT
Je ne puis vous le taire; Mes yeux sont dessillés par la mort de mon frère ;