A L I É >"OR
J'oserai pics , seigneur... mais sans que je l'annonce , Puisque vous m'estimez , vons savez ma réponse.
Croyez-moi , consultez un père...
A L I É îf o R .
Moi, seigneur î Je ne l'outrage point... j'ai consulté mon cœur.
J entends ce fier refus. Mais Vienne plus facile. *
A L îÉ NO R.
Ah! n'en attemiez point un refus si tranquille. Mais si le poids de l'âge eût ébranlé sa foi , Je pleurerois mon père et servirois mon roi. Pour Hareourt , il m'est cher ; il dut cesser de l'être Dès le premier moment qu'il vous choisit pour
maître:
Mais à Yos dons nouveaux s'il vend son repentir , L'amour ne daigne pins l'honorer d'un soupir.
EDOUARD
Cet excès de hauteur a lieu de me surprendre ; Votre maître au respect devoit du moins s'attendre.
aliÉnOR, se levant.
Tous n'êtes point mon maître , et vous savez nos lois ; Je respecte Edouard... s'il respecte Valois.
Edouard, se levant aussi avec vivacité.
Quelles lois ! ou plutôt quel nom imaginaire Opposez-vous aux droits que je tiens de ma mère /' Est-ce à vous de citer comme lois de l'état Un abus condamné dans tout aulre climat; Dont l'équité gémit, dont la raison s'indigne, Qui pour tout votre sexe est un affront insigne ; Contraire aux douces mœurs de ce peuple vanté , Qui sert également la gloire et la beauté ; Qui du rang de ses rois bien loin de vous proscrire Au-dessus de leur trône élevé votre empire. Ah ! vous nous surpassez dans l'art de gouverner. Ma mère est le héros qui m'apprit à régner. De vos trois dernieis rois cette sœur magnanime M'a transmis sur les lis un titre légitime. Qui peut d'un droit si saint me priver désormais ? Que] autre doit régner sur la France .-' A liénor.
[JCl François.
Dersqu'en nommant un roi nos généreux ancêtres Ont nommé dans ses fils la zace de nos maîtres,