‹ Œuvres choisies de De BelloiChapitre 175 sur 361 · EDOUARD, SAINT-PIERRE · texte numérisé non relu

EDOUARD, SAINT-PIERRE

EDOUARD, assis.

Viens, superbe ennemi , qui prends pour l'héroïsme Le courage insensé d'un ardent fanatisme ; Un monarque indulgent , qui chérit les vertus , Daigne dans tes pareils en respecter l'abus. Ma bonté , qu'indigna ton audace obstinée , Veut à ton choix enfin laisser ta destinée; Et , plaignant une erreur que tu peux abjurer, Au Jieu de te punir, consent de t'éclairer. Ouvre les yeux. J'ai fait recueillir dans mes tentes De tes concitoyens les troupes défaillantes : Victimes de la fajni et d'un farouche orgueil , Ils tomboient, les chemins devenoient leur cercueil ; Pour aller jusqu'au roi que leur cœur me préfère, Il faut que ma bouté soutienne leur misère. Déjà ces malheureux , par mes ordres nourris , D'un bienfait imprévu paroissent attendiùs; Tu pourrois , achevant leur conquête facile. Les ramener d'un mot dans le sein de leur ville ; Tes jours sont à ce prix. Ton grand cœur plaît au

mien , Et mon fils se promet d'être l'ami du tien. Cède au temps , au vainqueur, que seul ta dois

counoître ;

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