ACTE II, SCENE II. ai
Et réserve pour lui les soins et les travaux.
LENTULUS
Qu'on s'illustre aisément à la première place î Par un prestige heureux tout y change de face; Et tel aux derniers rangs nous voyons oublié , Que sur un trône assis Rome eut déifié. Mais enfin pour Titus votre cœur se déclare , "Vous cédez aux vertus dont votre erreur le pare; Plus chéri qu'une amante, il vous la fait trahir.
SE XTUS.
Ah! j'aime Vitellie... et ne puis le haïr.
Sextus.^ d'autres Romains armés pour la défendre, A sa main comme vous...
s E X T U s , vivement.
Qu'ils cessent d'y prétendre.
Seigneur. Pour que Sextus coure la mériter, Il lui suffit de voir qu'on la veut disputer. ( avec un peu d'ironie.
Ce n'est pas vous , je crois , que cet espoir attire , Vos désirs plus brillants s'adressent à l'empire ; J'aurois pu craindre en vous un rival dangereux ; Le sort, pour mon bonheur, a partagé nos vœux.
Ah! loin d'être jaloux... L'empereur va paroître; Tous ces cris d'un vain peuple à l'aspect de leur
maître, Témoignage suspect d'un iuibécille amour, Du nouveau dieu de Rome annoncent le retour : Déjà l'autre consul auprès de vous s'avance Pour recevoir ici l'idole qu'on encense. Et moi sur son autel prêt à la foudroyer. J'attends que votre bras se levé le premier. ( il sort du côté oppose à celui par où entre Annius, dont il ne doit pas être vu. )
22 TITUS
s E XTU s.
A quel monstre , grands dieux ! le crime m'associe ! Je vois le sage ami dont l'aspect m'humilie : Que je crains sa vertu ! qu'elle me pesé...! Hélas J Lorsque je l'imitois , je ne la craignois pas.