ANNIUS, SEXTUS
A N N I u s , vivement.
Partage mes frayeurs , Sextus : j 'ai des indices Que Lentulus conspire , et qu'il a des complices. Ami, contre Titus de pareils attentats.' Plus on est bienfaisant, et plus on fait d'ingrats. Qu'ils trompent aisément ce héros magnanime ! Il est trop vertueux pour soupçonner le crime : Parsoncœursimpleetvrai jugeant toujours d'autrui, I] croit ne voir ailleurs que ce qu'il trouve en lui. Mais la trahison perce ; et par sa trace heureuse Cherchons , en remontant, sa source ténébreuse. Rome à notre amitié le confie aujourd'hui. Ceux qui dans son absence ici veilloient pour lui Vont sur lui désormais veiller pour la patrie : Il a pour derniers soins ceux qu'il doit à sa vie , C'est à nous de les prendre. Au danger de Titus , Que l'amitié reviAc en tes sens al)attus, Qu'elle ranime enfin ton aine appesantie, Que les sombres chagrins ont comme anéantie.
SEXTUS, les larmes aux jeux.
Va, je n'ai que trop vu ces infâmes complots... Voilà , cher Annius ,1a source de mes maux. Puisses-tu, démêlant cette trame perfide, Au plus grand des ingrats sauver un parricide !