‹ Œuvres choisies de De BelloiChapitre 222 sur 361 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

EUPHEMIE, URRIN, gardes.

Tous voyez un captif, qui rougit peu de l'être ;

La chaîne de Bavard va ni'honorer peut-être.

Il iiiarchoit Aers la ville, à côte de Nemours ,

Quand tous les Espagnols , par le pont du Secours ,

Ont tenté de ce fort une attaque perfide.

Sur l'ordre de son chef, Eayard, d'un pas rapide,

Court h ce pont fat;il , le voit sans défenseurs,

S'élance, arrête seul les Espagnols vainqueurs w

Fait revoir cet exploit, prodige de 1 histoire,

Qu'on disoit fabuleux, mai s qu'il nous force à croire:

Apres un lonç^ combat les siens l'ont secouru ;

Ils alloient triompher quand j'y suis accouru :

De ce choc décisif je senîois liuiportance :

Mais le nombre des miens, leur liere contenance,

A ce torrent fougueux ne peuvent résister ;

Leur courage im])uissant ne sert qu'à l'irriter.

Redoublant des François Tindomtable furie,

Dans son dernier soldat Bavard se multiplie.

Je vois autour de moi nies escadrons percés ,

Leurs étendards ravis et leurs chefs dispersés.

Resté seul à mon tour, il a fallu me rendre.

Hélas ! dans quel moment ! gémissez de l'apprendre ;

On venoit de blesser ce guerrier généreux ;

Il avoit sans frayeur senti ce coup affreux.

Mais il tombe; et l'on trouve, au défaut de l'armure.

Tout le fer d'une lance encor dans sa blessure ;

On craint , en lui portant un secours meurtrier.

D'arracher à la fois sa vie avec l'acier :

On dit plus; que le coup part de la main d'un traître.

J'en ai vu près de lui , que vous devez connoitre.

E trp hÉ M lE.

Non. Je n'en connois plus. Mais que devient Nemours?

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