‹ Œuvres choisies de De BelloiChapitre 257 sur 361 · ACTE I, SCENE lY. «j · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE lY. «j

Ciineulons par le sang mon trône qui chancelle-.

Un jnojet plus humain m'amène ici, seigneur : J'y viens moins en guerrier qu'en pacificateur ; Mais ferme en ma promesse et prêt à vous défendre ; Vous êtes malheureux; vous auriez dû m'attendre.

DOM PEDREjlui prenant la main.

Digne Héros! Rourhon , détourne encor les yeux !

( à la princesse qui est un peu détournée.) Je viens vous arracher de ces funestes lieux ; Oubliez, des fureurs qne le remords efface.

(montrant Edouard.) La Tertu me protège et doit m'obtenir grâce.

( d'un ton d'humeur.) De votre époux du moins contemplez les regrets: (elle le regarde: il paroît lra])pé : il l'examine avec alteution et plaisir.) Je sens mon cœur saisi... percé de mille traits, Padille à tant d'appas me sembloit préférable ! Karement l'œil voit bien quand le cœnr est coupable.

.l'aime ce repentir: mais j'en crains les effets.

DOISI TEDRE.

Pourquoi , seigneur ? Je veux exp.ier mes forfaits :

( à Blanche ) Ils sont sans nombre...

Hélas !

DOM PEDRE,

Comptez-lespsr vos larmes, (à Edouard, avec le désordre d'une jiassi on naissante.) Cette longue douleur n'a poinr terni ses charmes. Autrefois à l'autel , mou indomtable orgueil Laissa sur elle à peine échapper un coup-d'œil. Si j'eusse pu la voir, ah ! l'aurois-je outragée ! ( à Blanche.)

cj6 PIERRE LE CRUEL.

De mon perfide amour vous êtes bien vengée. Le voici ce moment trop long-temps attendu, Ce jour de mon bonheur, ce jour de ma vertu , Où l'ame de Bourbon va me faire une autre ame. Je veux, après l'affront de mon hymen infâme , Aux yeux de ce héros , défenseur de mes droits, Tour-à tour le vainqueur et le vengeur des rois, Aux yeux de tout mon camp . de l'Europe étonnée, Former les nœuds brillants d'un nouvel hyménée. (Il (louue un coup cFceil à Edouard.) BLANCHE.

Dans ce grand changement qu'à peine je conçois , Interdite , et doutant des vœux que je reçois , Je crains qu'un tel retour fcoit l'ouvrage d'un songe , Et qu'en mes premiers maux le réveil me l'eplonge.

( à Dom Pcdrc.) Seigneur, par des remords si nouveaux et si prompts, Croyez-vous qu'un moment efface tant d'aîfronts ? De mon hymen fatal je révère la chaîne ; Mon malheur fut toujours devons devoir ma haine, J'oublîrai par vertu l'arrêt de mon trépas. Mais puis-je sans horreur me voir entre vos bras , Eunjant encor du sans: de la Castille entière ?

(à Edouard.) Prince, il faut avant tout m'eclaircïr un mystère. Je puis, me disiez- vous, disposer de mon cœur; Je suis libre... eh I comment. ►•

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