‹ Œuvres choisies de De BelloiChapitre 276 sur 361 · D O M P ET) R E · texte numérisé non relu

D O M P ET) R E

Quoi .' tu veux dans sa haine affermir ce rebelle? Il renonçoit au crime , et ta voix l'y rappelle ! Traître , tu fus toujours aux conseils , aux combats , Ou l'auteur, ou l'appui de tous ses attentats.

DU GUESCLIN

J'ai rempli des devoirs que vous avez fait naître.

Vous fûtes l'assassin de la sœur de mon maître;

Chargé de vous punir, je vous ai détrôné ;

Je respecte ce front, puisqu'il fut couronné ;

Mais je sers un monarque avoué par la PVance ,

Un peuple dont mon roi m'a commis la défense ;

De ce peuple expirant le reste ensanglanté

Ne veut plus de vos lois subir la cruauté :

Je le déclare au nom de la Caslille entière ,

Qui de ses droits ici me rend dépositaire,

Au seul trône du Maure aspirez désormais ;

Dom Henri veut en vain vous donner ses sujets.

Voici leurs propres mots : « S'il cède ou perd l'empire,

« Un autre y va monter, et nous allons l'élire.

« Dom Pedre nous a fait rentrer dans tous nos droits.

« Est-ce pour l'égorger que le peuple a des rois ?

« Quand on s'est séparé de la nature humaine ,

a Que pour elle d'un tigre on imite la haine,

« Comment des nations réclame t-on la foi?

« Abjurant le nom d'homme, on perd le nom de roi.»

DOM PEDRE, voulaut mettre Tépée à la main. C'en est trop , et ton sang...

EDOUARD, l'aiTètant.

Qu'osez-vous entreprendre ?

DOM HENRI, s"claurant au-i(evaut de du Guesclin. C'est mon sang Je premier qu'il faut ici répandre»

,3o PIERRE LE CRUEL.

EDOUARD, à Dom Pedre.

Un guerrier désarmé, mon captif, mon ami!

DOM PEDRE.

Lui ! qui des droits du trône éternel ennemi , Vient d'avancer contre eux une horrible maxime , Redoutable a son maître, à tout roi légitime ?

DU GUESCI.IN.

Vous outragez mon roi. Sur le sort des tyrans Il peut jeter en paix des yeux indifférents : De leur chute effroyable il ne craint pas l'exemple : Son cœur se rend justice alors qu'il se contemple ; Il sait en nous aimant , pourquoi nous l'adorons ; Les Titus craigaent-ils le destin des Nérons.'' EDOUARD, arrêtant encore Dom Pedre, qui fait un liouveau mouvement.

Guesclin , VOUS oubliez la majesté suprême...

DU GUESCI, IN.

Voulant m'assassiner, il l'oublioit lui-même.

( montrant Dom Henri. ) D'ailleurs il n'est ici qu'un roi pour un Français, D O.M PEDRE, à du Guesclin.

( à Dom Henri. ) Tremble. Et toi, sors.

DOMHENRI.

Eh bien ! plus d'accord , plus de paix. Moi! j'allois te livrer un peuple qui m'adore ! Ah .' je serois raoinslâche eu le livrant au Maure.

( à Edouard. ) Adieu, prince ; osez-vous être encor le vengeur D'un barbax'e....''

EDOUARD

Oui , je l'ose : oui , ma foi , mon honneur, Mon père , ont garanti son saci'é diadème : Je vous en offre un autre ;il cède ce qu'il aime...

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