D O M P ET) R E
Quoi .' tu veux dans sa haine affermir ce rebelle? Il renonçoit au crime , et ta voix l'y rappelle ! Traître , tu fus toujours aux conseils , aux combats , Ou l'auteur, ou l'appui de tous ses attentats.
DU GUESCLIN
J'ai rempli des devoirs que vous avez fait naître.
Vous fûtes l'assassin de la sœur de mon maître;
Chargé de vous punir, je vous ai détrôné ;
Je respecte ce front, puisqu'il fut couronné ;
Mais je sers un monarque avoué par la PVance ,
Un peuple dont mon roi m'a commis la défense ;
De ce peuple expirant le reste ensanglanté
Ne veut plus de vos lois subir la cruauté :
Je le déclare au nom de la Caslille entière ,
Qui de ses droits ici me rend dépositaire,
Au seul trône du Maure aspirez désormais ;
Dom Henri veut en vain vous donner ses sujets.
Voici leurs propres mots : « S'il cède ou perd l'empire,
« Un autre y va monter, et nous allons l'élire.
« Dom Pedre nous a fait rentrer dans tous nos droits.
« Est-ce pour l'égorger que le peuple a des rois ?
« Quand on s'est séparé de la nature humaine ,
a Que pour elle d'un tigre on imite la haine,
« Comment des nations réclame t-on la foi?
« Abjurant le nom d'homme, on perd le nom de roi.»
DOM PEDRE, voulaut mettre Tépée à la main. C'en est trop , et ton sang...
EDOUARD, l'aiTètant.
Qu'osez-vous entreprendre ?
DOM HENRI, s"claurant au-i(evaut de du Guesclin. C'est mon sang Je premier qu'il faut ici répandre»
,3o PIERRE LE CRUEL.
EDOUARD, à Dom Pedre.
Un guerrier désarmé, mon captif, mon ami!
DOM PEDRE.
Lui ! qui des droits du trône éternel ennemi , Vient d'avancer contre eux une horrible maxime , Redoutable a son maître, à tout roi légitime ?
DU GUESCI.IN.
Vous outragez mon roi. Sur le sort des tyrans Il peut jeter en paix des yeux indifférents : De leur chute effroyable il ne craint pas l'exemple : Son cœur se rend justice alors qu'il se contemple ; Il sait en nous aimant , pourquoi nous l'adorons ; Les Titus craigaent-ils le destin des Nérons.'' EDOUARD, arrêtant encore Dom Pedre, qui fait un liouveau mouvement.
Guesclin , VOUS oubliez la majesté suprême...
DU GUESCI, IN.
Voulant m'assassiner, il l'oublioit lui-même.
( montrant Dom Henri. ) D'ailleurs il n'est ici qu'un roi pour un Français, D O.M PEDRE, à du Guesclin.
( à Dom Henri. ) Tremble. Et toi, sors.
DOMHENRI.
Eh bien ! plus d'accord , plus de paix. Moi! j'allois te livrer un peuple qui m'adore ! Ah .' je serois raoinslâche eu le livrant au Maure.
( à Edouard. ) Adieu, prince ; osez-vous être encor le vengeur D'un barbax'e....''
EDOUARD
Oui , je l'ose : oui , ma foi , mon honneur, Mon père , ont garanti son saci'é diadème : Je vous en offre un autre ;il cède ce qu'il aime...