ACTE III , SCENE lY, iJi
( à Doiu llemi. ) l'out, hors votre sceptre. Et vous, TOUS acceptez. Le peuple seul ici s'oppose à nos traités ; Voyons s'il soutiendra les maîtres qu'il se donne , Mieux que je ne soutiens ceux que le ciel couronne : Marchons à la bataille.
u o M HENRI.
Il est d'autres ni()\cii.s .
En épargnant , seigneur, le sang des cituycuN , De finir noblement cette grande querelle. ( il reganle son frcro. ) D O M P E D B E.
Oui , viens au champ d'honneur, ton roi même
t'appelle:
Le plaisir de t'y voir expirer de ma main Fait renoncer ma rage à tout autre dessein.
DOai HENRI.
Bourreau de tous les miens, meurtrier de ma mère. Je pourrois l'immoler, sans immoler mon /rere. Mais je serois un monstre aussi cruel que toi , Si j 'osois dans ton sang me baigner sans effroi. Tu ne m'as point compris. Pour éviler uu crime . Suivons des chevaliers l'usage niagnanime : Deux amis avec nous tenteront ce hasard , Viens combattre Guesclin , je combats Edouard.
DU gi;escli>'.
C) projet d'un héros, d une ame grande et pure, (^ui sert l'humanité , la gloire, et la nature .' DO M PEDRE,à Edouard.
Allons, prince !
t D o c A R D , Sireuicut.
Arrêtez. Je ne suis pas suspect ( à du Guesclin. ) (à Dom Henri. )
D'éviter un combat, de fuir à votre aspect.
i32 PIERRE LE CRUEL.
( à tous. )
Imitez d'un Anglois le courage tranquille, Voyez de ce cartel l'inij^rudeiice inutile.
( aux deux frères. ) Si le sort , pour vainqueurs , choisit Guesclin et moi ; En vous perdant tous deux, la Castiile est sans roi. Mais si vos deux amis tombent dans la carrière, Le frère y reste alors seul rival de son frère : Et vous voilà , seigneurs , tout prêts de revenir Au parricide affreux qu'on cherche à prévenir. Non : il est juste ici que le peuple s'expose ; Armé contre les rois , qu'il défende sa cause : Qu'un combat général le force au repentir ; Peut-être de Najarxe il va se souvenir.
nOM 3ENRI, vivement.
J'y reçus des leçons que je brûle de rendre; Et qui perd des lauriers s'instruit à les reprendre. .Te me croirois certain de A'Hiucre mon vainqueur,
( montrant du Guescliu. ) Si j 'avois ce héros , qu'il craint au fond du cœur.
EDOUARD
J'admire ce héros, je ne sais pas le craindre.
D O M HENRI
Dans des fers éternels pournez-vousle contraindre, Si votre père et vous...
EDOUARD
Soyez libre , Guesclin.
( les trois autres personnages te'moiguent la plus grande
surprise. )
nu GUESCLIN.
Voilà mon vrai rival.
DO M HENRI, avec transport.
Je règne donc enfin.
( il embrasse du Guesclin. ) DOM PEDRE,à Edouard.
Votre père...