‹ Œuvres choisies de De BelloiChapitre 305 sur 361 · ACTE I, SCENE I. iC · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE I. iC

Des regrets de la'mour le brûlant caractère. S'enivrer de ses pleurs étoit son seul plaisir; Elle aiinoit ses tourments, cberchoit à les aigrir- Entraînée au tombeau par sa douleur profonde, Un tendre souvenir la retint seul au monde. Elle imploroit la mort qui m'ôtoit tous ses vœux; Elle craignoit la mort qui rompoit d'autres nœuds Aux portes du trépas je la voyois cbarmée D'être libre à la fin d'aimer et d'être aimée ; Se flattant que sa foi, dans ce dernier moment , Cessant d'être à l'époux , se rendoit à l'amant.

AL B É R ic.

Eh! seigneur, se peut-il qu'à vous-même barbare, Dans ces songes trompeurs votre raison s'égare.-* Vous cberchez le malheur, et vous vous tourmentez Par des illusions que vous-même enfantez.

Je ne puis me tromper en jugeant l'infidelle : J'aime, cher Albéric , et je souffre comme elle; Ta, les yeux que l'amour remplit de ses douleurs Sans peine en d'autres yeux reconnoissent ses pleurs. Apprends tout. Quand l'ingrate alloit perdre la vie, Employant de Monlac l'indigne perfidie, Raoul osa près d'elle ici porter ses pas : Il vit ses yeux éteints qui ne le vovoieut pas ; Il scella dans ces lieux, d'une bouche insolente. Ses coupables adieux sur sa main défaillante.

ALBÉRIC

D'où pouvez-vons savoir,...**

F AYE L

D'Armance l'a surpris :

Mais le traître étoit loin quand on m'a tout appris.

ALBERIC, après un peu de réilexion.

Des ardeurs de Coucy ce criminel indice Ne rend pas de ses feux votre époust complice : Elle ignora peut-être, en revoyant le jour,

iG8 GABRIELLE DE VERGY.

Et l'audace et l'éclat d'un téméraire araour. Mais, depuis que Raoul s'éloigna de la France , Auroient-ils de leur cœur trahi l'intelligence?

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