‹ Œuvres choisies de De BelloiChapitre 315 sur 361 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

GABRIELLE, ISAURE

T GABRIELLE

ON seéours inhumain me rappelle à la vie, ' Et tu penses remplir les devoirs d'une amie! Mon cœur, déjà glacé ,goûtoit quelque repos : Avec le.sentiment tu réveilles mes maux. <) doux sommeil de l'ame ! ô langueur insensible .' Si la mort te ressemble , est-elle si terrible ? Isaure, il ne vit plus ce héros adoré ; Gloire , vertu , la tombe a donc tout dévoré ! O perte dès long-temps par l'amour pressentie ! Le ciel même en secret m'en avoit avertie : Ecoute ce prodige : Il te souvient du temps Où, pour ravir Solime au joug des Musulmans, L'Europe frémissante arma ses plus grands princes ; Philippe et Richard même avoient , dans nos provinces , De Londre et de Paris rassemblé les héros , Surpris que l'amitié confondît leurs drapeaux. Ils partoieut pour voguer aux champs de l'Idumée Quand ma vie en ces lieux paroissoit consumée : La mort couvroit mes yeux de son voile pesant. Aux yeux de l'ame encor Raoul étoit présent ; Je crus le voir ici ; non, tel que la victoire

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