SCENE IV
GABRIELLE
Dans ses chagrins profonds qu'il s'abîme à loisir. Jouir de ma douleur esl mon dernier plaisir : Elle a quelque douceur puisqu'elle est légitime ; Rien n'y mêlera plus l'amertume du crime ; Rien ne pourra troubler par de lâches désirs Mes regrets innocents et mes justes soupir.s. Dieu , permets-tu sa mort pour épurer sa flamme .'* Et n'a-t-il qu'à ce prix pu vivre dans mon arae .'* Cher Raoul 4 en mourant tu m'envoyois ton cœur .' J'en ai frémi. Je sens quil manque à ma douleur. Croyant te voir en lui, te parler et t'entendre, J'épancherois mon ame avec ce cœur si tendre : Bientôt elle pouri oit , libre de tout lien , En sortant de mon cœur s'arrêter sur le tien. Le ciel me prive encor de ce plaisir funeste , Et de toi désormais c'est là tout ce qui reste.
f en regardant le hillet. ) Relisons ce billet, ce garant de ta foi ; Que ce gage sacré me tienne lieu de toi , J'y recueille ton ame : à ton heure dernière L'amour sur cet écrit la poita tout entière.
( elle se remet à lire. )