‹ Œuvres choisies de De BelloiChapitre 327 sur 361 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

COUCY, MONLAC.

M O N L A C , à part.

Pourquoi me retenir et m"observer sans cesse ? Quel ami de Rhétel cherche à voir la comtesse ?

( s' approchant de Raoul , qui est détourné. Est-ce vous....^

COUCY, l'apercevant.

Toi , Monlac I Encor dans ce séjour !

Aur ois-tu donc appris que je revois le jour .►*

M o li I. A. c , immobile d'étonnement. Ses traits... sa voix... Mon maître 1 ô céleste clémence , Il vit ! tu veux encor le bonheur de la France.

( il se jette dans les bras de Raoul , qui les lui tendoit. ) Par quel miracle enfin nous êtes-vous rendu ? Le ciel, le juste ciel en doit à la Aertu.

O mon aiui , connois quel destin nous rassemble : Mais dis-moi le premier les raisons...

Ah ! je treml»le.

Songez que pour vos jours tout est à craindre ici. Le soupçonneux P'ayel...

Est aux murs de Vergv ; Je ne crains rien pour moi. C'est pour sa digne épouse Que j'ai dû redouter sa cruauté jalouse. Si, dépouillant la pourpi'e et l'or des chevaliers , J'emprunte les couleurs des simples écuyer.s, C'est pour elle un moment qu'à la honte de feindre Mon austère candeur a daigné se contiaindre: Et j'ai choisi l'instant qu'appelé près du roi Kayel porte à ses pieds les; gages de sa foi , Pour venir m'acquitter d'un soin cruel et tendre \ Le seul qu'à mon amour l'honneur ne put défendre. Mais toi , qui te retient dans ces tristes climats.'* Chez mon père d'abord as- tu porté tes pas .'' Que son ame sensible alarme ici la mienne I Le récit de ma mort aura causé la sienne.

M o N li A c.

Seigneur, il n'a point su sa perte et mon erreur,

c o IJ c Y , avec transport.

Nature, il est encore un plaisir pour mon cœur .'

L'inconstance des mers a retarde mon zèle : Depuis une heure à peine aux mains de Gabriel le J'ai remis ce billet où vos tristes adieux...

Des pleurs en le lisant ont-ils rempli ses yenx.^

Ah ! j'ai cru cet instant le dernier de sa vie.

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