ACTE III, SCENE VI
Leur entrevue ici prouve assez leurs amours. Mais pourquoi cette lettre et tous ces noirs détours? Il faut qu'avec tant d'art cette trame tissue Ait voilé des projets...
FAYEL
N'en vois tu pas l'issue?
Monlac, dans son transport, m'alloit percer le sein ; Son maître , en se cachant, a le même dessein ;
( se promenant encore. ) Et l'ingrate... Ah! souvent une épouse infidcUe Dans le sang d'un époux plonge sa main cruelle : Elle se lasse enfin d'attendre son bonheur U'une mort, qu'en secret peut hâter sa fureur ; Et , suivant des forfaits la pente trop rapide, Quelquefois l'adultère entraine au parricide. Oui , ma mort est l'objet de tes lâches amours. .le ne puis plus t'aimer,que m'importent mes jours '^ Allons , il faut du sang à ma vengeance avide. ( A Albéric. )
A mes yeux, dans l'instant, amené la perfide ; J e le veux.
( Albéric sort. ) Mais plutôt , pour se faire un effort , Je sens en ce moment mon courroux assez fort. Que ma l'age tranquille en soit plus implacable , Imitons Gabrielle en son art détestable : Prêtons un front serein aux plus noires fureurs ; Et, pour que son suppliceaitencor plus d'horreurs. Laissons-lui quelque temps sa crédule alégresse, Paroissons ignorer les pièges qu'on nous dresse.
jLltBÉRiO , rentrant.
La voici.
F A. Y E L , mettant la main à son poignaril , et .sanèlaut. Dieu! commande à mon bras égaré.
( à Altéric. ) Cours , vois si son amant va m'étre enfin livré ,
2oS GABUIELLE DE V ERGY.
Je t'aitcnds.
( à tous les gardes. )
Vous , restez sous la voûte procbaiae.