SCENE PREMIERE
GABRÏELLE, ISAURE.
I GABRÏELLE.
SAURE , vainement tu me veux rassurer, Dans mes sens éperdus l'espoir ne peut rentrer. Autour de nos remparts cette garde assemblée, Que Fayel en partant a même redoublée , M'annonce que Raoul n'aura pu les franchir : Et tant qu'il est ici, puis- je ne point frémir?
ISAURE
Dans les remparts d'Autrey quand il seroit encore. Que craignez-vous pour lui, puisque Fayel l'ignore? Pensez- vous , si Fayel l'eût jamais soupçonné , Que sans rien éclaircir il se fut éloigne ? Votre époux vers Paris vient de suivre Philippe; Qu'au moins par son départ votre effroi se dissipe. Et n'avez-vous pas vu , dans ses tendres adieux , Que le soupçon jaloux ne troubloit plus ses yeux.
Ce honteux sentiment, soigneux de se contraindre, Donneauxcœursqu'ilremplitl'habitude de feindre.
ISAURE
Mais toujours de l'ayel les transports enflammés Décèlent malgré lui ses chagrins renfermés.