‹ Œuvres choisies de De BelloiChapitre 356 sur 361 · ACTE V, SCENE V. 22y · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE V. 22y

( on apporte un vase couvert et une lettre ; on les pose sur la table. ) Tout est prêt .'Repaissons mes yeux de ses tourments. J'en contemple à loisir les premiers instruments.

( il preud la lettre , et la montre à Alhe'ric. ) Reconnois le billet où leur lâche impo.sture M'enseigna l'art cruel de venger mon injure.

( mettant la main sur le vase. ) Tu recevras ce don par Raoul inventé ; Ce don devient affreux par mes mains présenté.

( découvrant le vase. ) Sur ce cœur tout sanglant qu'ici ton cœur gémisse :

( le recouvrant. ) L'objet de ton amour en sera le supplice.

Quoi !

FAY E I,, se levant.

Quel plaisir pour moi , quand son œil égaré, S'arrêtent sur le cœur qui me fut préféré , Verra pour châtiment ce gage de ses crimes .' Je mourrai triomphant près de mes deux victimes. Elle vient.

( il frémit. )

FAYEL , GARRIELLE , ALRERIC ; gxkuts.

GABRIELLE, à Favel.

Terminez l'horreur où je me vois ; L'attente de la mort fait mourir mille fois.

FA Y E L

T'a-t-on dit que Raoul , pour fruit de sa victoire , De t'enlever ici recherche encor la gloire ; Qu'après m'avoir pour toi percé du coup mortel . 1»E r.T'.LI.Ol. 2. i3

23o GAERIELLE DE VERGY.

Pour forcer ta prison il n'attend que Rhétel ?

GABRIEI.LE.

Frappez, et prévenez sa coupable espérance.

FAY E L

( lui dounaut le Lillet. (lui montrant le vase.) 'liens , voilà ton arrêt , et Yoici ma vengeance ; Prends, juge si Raoul doit encor m'alarmer.

( eu allant prendre le vase, elle jette un regard sur Fajel ; il la retient. ) Arrête. Sou regard vient de me désarmer; Il faut craindre ses pleurs, son désespoir extrême, Et détourner les yeux en frappant ce qu'on aime. Ma fureur est au comble, et mon amour plus fort. Oui , je veux qu'elle meure.^ et ne puis voir sa mort ; Sortons.

( les gardes s'en vont avec lui , et remportent les flnm- Lcaux ; il ne reste que la laaipe. )

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