‹ Œuvres choisies de De BelloiChapitre 54 sur 361 · ACTE V, SCENE II. 6i · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE II. 6i

Lne fatalité. ..

Explique-toi sans houte et sans timidité. ( lui prenant la iiiain. )

Titus est seul ici , César n'y veut point être , Ne vois qu'un arai tendre, ose oublier ton maître; Dans le fond de mon cœur viens déposer le tien, Sois sur qu'à l'Empereur Titus n'en dira rien. Daigne me confier la cause de ton crime ; Je voudrois plus que toi qu'elle fût légitime. A te voir innocent que ] aurois de plaisir ! Te trouver moins coupable est mon second désir. AppliquoDS-nous ensemble à chercher ton eicuse.

Il n'en est point pour moi , mou silence m accuse.

Ce barbare silence ajoute à tes forfaits ;

Songe donc que ton cœur est plein de mes secrets

Je n'en yeux qu'un des tiens.

SEXTUS,à part.

O dooleur inonie !

J'offense encor Titus , ou je perds Yitellie.

Ingrat, ta défiance outrage l'amitié ; Quand je suis suppliant . Sextus est sans pitié..! Du plus sensible coup ta cruauté me frappe.

s E X T es , à part.

Amour, retiens encor mon secret qui m'échappe.

TITUS

Quel endurcissement..! Le monarque indigne Peut succéder bientôt à Tarai dédaigné.

Résous-toi, parle enfin... Tu te tais encor .^ traître. Va , c'e.st trop abuser des bontés de ton maître. DE BEI.LOI. I. 4

62 TITUS

Seigneur, apprenez donc... Dieux que fais-je.^ TIT D s.

Poursuis, s E XTU s , à part.

Il ie faut... Non, jamais.

TITUS

Que dis-tu .•• s E X T u s , en desespéré.

Que je suis, Un parjure, un barbare endurci dans le crime , De ses propres fureurs détestable victime; Qui mérite à la fois cent supplices divers; Exécrable à moi-même ainsi qu'à l'univers , Je demande la mort pour faveur souveraine.

TITUS

Je te l'accorde , ingrat... Gardes , qu'on le remene.

s E X T u s , après uu peu Je silenee. Titus! Ah ! que]sadieux..!étoient-ilsfaitspournous? Pensiez-vous que Sextus mourroit bai de vous..? Mais quand de mes forfaits j'aurai subi la peine , A ma mémoire au moins épargnez votre haine ; Et , de mes premiers ans rappelant l'heureux cours . Détournez vos regards des derniers de mes jours.

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