ACTE V, SCENE IV
"Vengeons-nous . . .
( il approche de la table pour signes* le J^cret, et il s'arrête. )
Ah! s'il faut qu'un monarque punisse, La vengeance doit-elle entrer dans sa justice? Que dis-je? ôter la vie est un pouvoir crue] Que s'arroge , à son gré , le plus obscur mortel ; Mais l'accorder, grands dieux ! c'est un noble avantage.
Un droit qu'avec vous seuls un souverain partage. Que Sextus vive... Eh ! quoi ."^ Je laisse iropunément Des plus saintes des lois saper le fondement! Le ciel m'a couronné pour venger leur injure : Brutus pour la patrie a domté la nature : Surmontons l'amitié : faisons ce juste effort; C'est au coupable enfin à s'imputer sa mort.
( il s'assied , et prend la plume pour signer le de'cret. ) Ainsi donc dans le sang ma justice se baigue ! C'est celui d'un ami qui va souiller mon règne. On dira que Titus fut las de sa bonté , Comme Auguste et Sylla de leur férocité.
( il jette la plume sur la taLle et se relevé. ) Non, ne te démens point par cet arrêt sévère; •Tage de tes sujets , tu n'es pas moins leur père ; Et quand les criminels n'ont offensé que toi, Tu deviens , dans ta cause , arbitre de la loi. Les Dieux ont fait ton ame en un jour de clémence : Tois combien la rigueur coûte à ta bienfaisance Pourquoi te refuser ton suprême plaisir? Ta , Titus , il vaut mieux que le juste avenir Reproche à ta mémoire un pardon qu'un supplice, Un excès de bonté qu'un excès de justice.
(à quelques gardes qui sont toujours au fond du théâtre. J Qu'on ramené Sextus... Jouissons du plaisir Dont ses sens éperdus vont soudain tressaillir.
64, TITUS
S'il ne'inèrite pas cette faveur insigne,
J e l'accorde à mon cœur, qui sans doute en est dignet