‹ Œuvres choisies de DelilleChapitre 34 sur 59 · LIVRE lir · texte numérisé non relu

LIVRE lir

A leurs bouillants transports abandonnent leur àme ; Ils pressent leurs coursiers; l'essieu siffle et s'enflamme ; On les voit se baisser, se dresser tour à tour; Des tourbillons de sable ont obscurci le jour ; On se quitte, on s'atteint; on s'approcbe, on s'évite : Des cbevaux haletants le crin poudreux s'agite; Et, blanchissant d'écume et baigné de sueur, Le vaincu de son souffle humecte le vainqueur : Tant la gloire leur plaît , tant l'honneur les anime ! Érichthon le premier ^^ , par un effort sublime , Osa plier au joug quatre coursiers fougueux , Et porté sur un char s'élancer avec eux; Le Lapithe , monté sur ces monstres farouches , A recevoir le frein accoutuma leurs bouches , Leur apprit à bondir, à cadencer leurs pas , Et gouverna leur fougue au milieu des combats. Mais, soit qu'il traîne un char, soit qu'il porte son guide , J'exige qu'un coursier soit jeune , ardent , rapide. Fût-il sorti d'Épire , eût-il servi les dieux , Fût-il né du trident, il languit , s'il est vieux.

Quum spes arrectœ juvenum , exsultantiaquc haiirit

Corda pavor pulsans? Illi instant verbere torto,

Et proni dant lora ; volât vi fervidus axis :

Jamquc humiles , jamque elati sublime videntur

Aera per vacuum ferri, atque assurgcre in auras. HO Nec mora, nec requies; at fulvae nimbus arenae

Tollitur; liumescunt spumis flatuque sequentum :

Tantusamor laudum, tantie est Victoria cura;: Primus Erichtlionius currus et quatuor ausus

Jungere equos, rapidusque rôtis insislere Victor.

Frena Pelethronii Lapilhae gyrosque dedere

Impositi dorso, atque equitem docuere sub armis

Insultare solo , et gressus glomerare superbos.

iEquus uterque labor : aeque juvenemquemagisiri

Ex(|uirunt , calidumque animis , et cursibus acreiii <20 Quamvis saepe fuga versos illc cgerit hostes .

Et patriam Epirum référât , lortcsque Myccnas ,

Neptunique ipsa dcducat origine gcntcm.

108 Ll^S GÉORGIQUES.

Enfin ton choix est fait , aucun soin ne t'arrcfe : Que le chef du troupeau pour son hymen s'apprtHe. D'une prodigue main verse-lui sa boisson ; Qu'il s'engraisse du lait de la jeune moisson : Autrement il succombe, aux plaisirs inhabile, Et d'un père affaibli naît un enfant débile. Au contraire '-^ , sitôt que les tendres désirs Sollicitent la mère aux amoureux plaisirs , Éloigne-la des eaux , retranche sa pâture ; Et quand l'été brûlant fatigue la nature , Lorsque l'aire gémit sous les fléaux pesants , Qu'une pénible course amaigrisse ses flancs : Des routes de l'amour " l'embonpoint inutile Aux germes créateurs ouvre un champ moins fertile.

Dès que son sein grossit , tous nos soins lui sont dus , Et le soc et le char lui seront défendus. Je ne veux plus la voir bondir dans les campagnes, Lutter contre un torrent , gravir sur les montagnes : Qu'elle paisse en des prés où les plus clairs ruisseaux Parmi des bords fleuris roulent à pleins canaux ,

His animadversis, instant sub tempus, et omncs Impendunt curas denso distendere pingui, Quem légère ducem, et pecori dixere maritum : Pubentesque sécant berbas , fluviosque ministrant, Farraque, ne blando nequeat superesse labori, Invalidique patrum référant jcjunia nati. Ipsa autem macie tenuant armenta volantes; Atque, ubi concubitus priraos jani nota voluptas Sollicitât , frondesque negant, et fontibus arceut; Saepe etiam cursu quatiunt , et sole fatigant , Quura graviter tunsis gémit area frugibus , et quuiii Surgenteni ad Zephyrum palcT jactantur inanes. Hoc faciunt, nimio ne luxn obtusiorusus Sit genitali arvo, et sulcos oblimet inertes ; Sed rapiat siliens Venerem, interiusque recondat.

Rursus cura patrum cadere et succedere matriini Incipit. Exactis gravida; quum niensil)us errant , 1 W Non illas gravibus quisquam juga ducere plauslris,

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