‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 1050 sur 1244 · PAS QUI S · texte numérisé non relu

PAS QUI S

Oh! oui.

CLBOB.

Des jeunes gens les passions ardentes Les entraînent souvent dans des égarements ; Mais pour les bons esprits il est de bons moments. Après beaucoup d'efforts j'ai réformé tua rie. Vous imiter, vous plaire., est toute mon envie. T'ai pris le bon chemin, et j\ veux demeurer.

-- - ' FINETTE, à G&Kile.

Vous voyez.

PASQUIN, lGérOnto.

Comme vous, cela me fait pleurer.

N'êtes- vous pas touché d'une telle réforme ?

GKHO.NTK, à QéOD.

Oui ; mais pendant lanui t. la santé veut qu'on dorme: On «'échauffe à veiller.

CLÉON

Oh ! je ne veille plus.

GEKOHTB.

On m'assure pourtant....

CLEON

C'est on mensonge.

PASQDTN.

Abus, De prétendre cacher II. mauvaise habitude

CLEO»,

De quoi?

PASQOIN. toi tuoatdttislgMe.

Dedomier ûl'étttde Tontes les nuits, in lien de les passer au lit. Monsieur sait votre train, et nous avons tout dit.

OJjDrV* Gérants.

Il faut vous l'avouer, jour et nuit j'étudie.

Je ne m'étonne plus de votre maladie.

CLÉON, kiti™.

le ne suis point malade , et ne l'ai point été.

FINETTE

Quoi! les veilles n'ont pas troublé votre santé? Vous n'avez pas senti de certaines atteintes ?...

PASQCIM.

Et que diable, monsieur, mettons bas toutes feintes. Oserez-vous nier que l'application ?..,

CLBON , embarrassé.

Il est vrai , j'ai senti— quelque altération... Par l'excès du travail , et n'osois vous le dire , De peur de vous fâcher, mais...

Moi, pour un empire

ne.)

Je ne mentirais pas. Avec tous ces efforts, Mon maître se ruine et l'esprit et le corps.

géronte, en colère.

Je ne veux point cela.

CLEON

Mon oncle ; la science A des attraits si vifs! '

GBHONTK.

J'ai fait l 'expérience , Mon neveu, qu'un docteur est souvent un grand sot. L'étude appesantit , et n'est point votre lot. On peut, par-ci, par-là, vaquer à la lecture; Mais c'est folie à vous de forcer la nature. A gouverner vos biens soyez très-diligent;. Mangez peu, dormez bien, et comptez votre argent. Quand vous vous ennuyez.

J'en fais tous mes délices.

GERONTB.

Plus on aime l'argent, et moins on a de vices. Le soin d'en amasser occupe tout le cœur ; Et quiconque s'y livre, y trouve son bonheur. Un ami qu'on implore , ou refuse , ou chancelé : L'argent est un ami toujours prompt et fidèle. Le plaisir d'entasser vaut seul tous les plaisirs. Dès qu'on saitque l'on peut remplir tousses désirs, Qu'où en a les moyens, notre âme est satisfaite. De tout ce que je vois je pais faire l'empiète , Et cela me suffit. J'admire an beau château; Il ne tiendroit qu'à moi d'en avoir un plus beau, Medis-je. J'aperçois une femme charmante; Je l'aurai , si je veux , et cela me non tente. Enfin , ce que le monde a de plus spécieux, Mon coffre le renferme, et je l'ai sous mes yeux, Sous ma main; et par là, l'avarice qu'on Marne

Est le plaisir deasenset le charme de l'âme.

CLBOK.

Que c'est bien dit, mon oncle! Aussi mon plus grand Est de thésauriser. [soin

PÀ5QDIN.

J'en suis un bon témoin.

C'est un charme de voir comme mon maître amasse.

CLEON

J'ai beaucoup dépensé ; mais à la fin tout lasse. Je n'ai plus de plaisir qu'à compter de l'argent.

Fl METTE.

Et qu'à le dépenser... comme un homme prudent..

GBHONTE.

Fort bien.

CLÉON

Je neveu» plus manger mon blé en herbe.

GÉHONTE.

Vous portez là pourtant un habit bien superbe !

CLEON

J'achève de l'user, au lieu de le donner.

GBItONTB.

Bon. Quand il sera vieux , faites-le retourner; Puis il vousduma cinq ou six ans encore.

CLEON, lui falumt 11 rrrertnee.

Je n'y manquerai pas.

GRRONTE.

Le faste...

CLÉON

Je l'abhorre.

GBRONTB.

Est toujours ruineux.

CLÉON

Sans doute.

GÉBONTE.

Voyez-moi.

Je porte cet habit depuis dix ans, je eroi , Et je veux le porter encor plus de dix autres.

PASQUIH, Spart.

Dieu nous en garde !

. GBB05TE.

Quoi?

Je lui dis que les nAtres | Sont riches à l'excès, et qu'il faut nous garder , Désormais de ce luxe. Ah ! qu'on va brocarder ! Sur notre économie!

FINETTE

E t qu ' importe qu 'on raille ?

I Accumulez toujours.

j géronte.

, C'est bien dit. La canaille.

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