‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 1085 sur 1244 · LE DISSIPATEUR, ACTE V, SCENE XV · texte numérisé non relu

LE DISSIPATEUR, ACTE V, SCENE XV

LB COMTE

Moi,j'étoiscomme un autre aurangde vos flatteurs. Mais vous n'en aurez plus. Grâce à votre misère, Chacun à votre égard vu devenir sincère.

CLBON.

Eh quoi 1 m 'attendiez- vous à cette extrémité, Four m 'oser librement dire la vérité ?

LE COHTB.

On ne se fait aimer que par les complaisances.

Mais ne vous plaignez plus des fausses apparences. Si ce qu'on dit est vrai , je ne suis pas un sot : On m'a berné pourtant comme un franc idiot. Les plus fins sont trompés; et cette indigne veuve Qui vous a tout ravi m'en fait faire l'épreuve.

Comment 1

LE COMTE

Je l'adorois- Sur un espoir flatteur, J'ai tâché, par vos dons, de m'acquérir sou cœur. Je les sollicitois de concert avec elle : Mais ils ne m'ont acquis qu'une haine mortelle; Et l'indignation , les rebuts, les mépris. Des efforts que j'ai faits* viennent d'être le prix. Je vous en fais l'aveu, pour vous faire connottre Que le cœur le plus faux, le plus dur, le plus traître, Le plus intéressé que le Ciel ait formé , Est celui de l'objet dont vous étiez charmé. L'ardeur de s'enrichir est tant ce qui l'occupe, Et j'ai la rage au cœur de me trouver sa dupe. Êtes-vous donc surpris si vous l'avez été , Comme de vos amis ? Tout n'est que fausseté. Qui croît s'en garantir, grossièrement s'abuse; Elle règne partout, et voilà mon excuse. Adieu.

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