LA FAUSSE AGNES, ACTE II, SCENE III
lez marier votre cousin» mademoiselle Angélique, Nicolas est devenu de si mauvaise humeur, qo'il n'y a pas moyan de vivre avec li.
Ll BABOlfltE.
Cela est admirable! Et dé quoi vous mêlez-
TOUS
LKANDBB.
C'est que je gis amoureux....
LA BAHOKKE . en coKrc
De ma fille?
uUmnut
Non, de votre honneur. Tout le monde se moquera de tous, si voua faites ce mariage-là.
LA BARONNE, ta riant.
Je vous dis qu'il faudra «le je le consitjtir pour disposer de ma fille!
Morgue 1 vous n'en feriez pas pua nul. Si vont me consultiez , je sais bian à qui vous la bailleriez.
LOLIVE.
Et moi aussi.
LABABOKHB.
Et à qui ?
- LBANDRE.
A celui qu'ails aime, et non à celui qu'aile n'aime pas.
LA BARONNE
Oh, Obi tu me parois bien instruit! Est-ce que ma fille t'a choisi pour son confident?
LBANDKB.
Non, Mais je boutrois ma main an feu qu'aile est enragée d'épouser monsieur des Mazures; et aile n'a pas tort
Elle n'a pat tort?
IBANDB8.
Non voirement. Il n'y a pas pus d'une heure que je cannois votre cousin ; et je ne pis le souffrir, moi qui vous parle. Sa pnilosomie m'a choqué d'abord , je vous le dis tout net ; et je me sis morgue bian aperçu que mademoiselle Angélique en étoit encore pus choquée que moi.
LA BARONNE
Cela n'importe ; je veux qu'elle l'épouse.
LBAHDBE.
Oh Irons voulez, vous voulez! çà est bian aisé a dire, mais ça n'est pas encore fait, je vtte en
avartis.
LA SAXONNE
Non; mais cela sera fait ce soir, indubitablement.
LiAHBBB.
Ça causera du charivari , je vous le prédis.
LA BÀHONttE.
Je me moque de tout ; il faut qu'elle obéisse.
LBAHDBE.
Et si aile ne le peut pas ? Ne m'a vez-vous pas dit , mottre Pierre , que vous li aviez entendu parler, avec mademoiselle Babet , d'un certain monsieur qu'aile aimoit à Paria, et que sa tante vouloît li bailler pour mari?
Oui , morgue , aile en est bien assottée. Aile dit que c'est un homme noble qui n'a pas pus de vingtcinq ans , qui a biaveoup de bîàn , qui est colonel, qui est bian bâti , qui a de l'esprit , de l'esprit comme un enragé; et qui a été si fâché, si fâché, quand aile est partie pour en épouser un autre, qu'il a juré son grand juron que, si ça se faisoit, il viandroit ici tout exprès pour couper les oreilles à votre gendre.
LA BABOITRK.
Pour lui couper les oreilles?
LÉAHDBK. .
Oui , et qu'il les attacheroit à la grande porte de votre chaquiau.
LA BARONNE
Qu'il vienne, qu'il vienne, et qu'il se joue' à monsieur des Mazures; il trouvera à qui parler.
Mon cousin est de mon sang ; et cela lui suffit pour prêter le collet à tous les godetureain de Paris.
LOLIVE.
Palsanguél Madame, ne vous y fiez pas. De la manière dont votre fille parle de ce monsieur-là , c'est un gaillard qui ne s' embarras seroit non plus de jeter votre cousin par les fenêtres , que de boire un varre de vin. Je ne voudrais morgue pas jurer qu'il ne fut quonque part à rôder ici aux environs.
LBANDBE.
J'en ai aussi qneuqae soupçon. Le diable m'emporte , s'il ne fait du tapage.
LA B A BOSSE
Maïs savez-vous bien , mes enfanta , que ce que vous dites là m'inquiète fort? Il faut que j'approfondisse cette affaire, et que j'en avertisse mon gendre. Comment ma fille dit-elle que se nomme ce gentilhomme-là?
LOUVE
Aile l'a dit plusieurs sais devant moi ; mais je »e saurois m'en souvenir. Je croîs que je te l'ai dit, Nicolas ;*t'en souyens-tu mieux?
LBANDHB.
Attendez , je crois qu'il s'appelle qu'il s'appelle.... Lien.... Lian.... Lïcau.,. palsangué , je ne saurois débagouler ce peste de nom-là.
LA BARONNE
N'est-ce pas Lésndre?
leandbb.
Oui, Liandre ; Vlà ce que c'est.
la babohicb- Voici mon cousin fort à propos. Demeurez; il faut que je l'avertis* de ce que vous venez de m 'apprendre.