LE JOUEUR, ACTE V, SCENE VII
Étant encore amant, il tous vendra, madame, A beaux deniers comptants, quand vous serez sa Hais le voici qui vient. [ femme.
{a madame la Reatource.) A trois ou quatre pas , De grâce, éloignez- vous , et ne vous montrez pas.
W* LA RESSOURCE
Hais pourquoi ?...
DORANTS.
Du portrait ne soyez plus en peine.
M-> LA RESSOURCE , m retirant au fuud de la Mené.
Lorsque je le verrai, j'en serai plus certaine.
SCÈNE VIL VALÈRE, ANGÉLIQUE, DORANTE, HECTOR, NÉRINE, H" LA RESSOURCE , ni bnd do ihéUte.
VALERE
Quel bonheur est le mien ! Enfin voici le jour , Madame , où je dois voir triompher mon amour. Mon cœur tout pénétrf...Mafs, Ciel! quelle tristesse, Nérioe, a pu saisir ta charmante maîtresse? Est-ce ainsi que tantôt?...
Bntirai.
Bon ! ne savez- vous pas ?
Les filles sont , monsieur», tantôt haut, tantôt bas.
Hé quoi i changer si tôt!
Ne craignez point , Valère, Les funestes retours ' de mon humeur légère : Le portrait dont ma main vous a fait possesseur Vous est un sûr garant que voua avez mon cœur.
VALÈRE
Que ce tendre discours me charme et me rassure !
WER1NK, » part
Tn ne seras heureux , par ma foi , qu'en peinture.
ANGÉLIQUE
Quiconque a mon portrait , sans crainte de rival , Doit avec la copie avoir l'original ■-
VALÈBE.
Madame, en ce moment, que mon âme est contentel
ANGELIQUE
Ne consentez-vous pas à ce parti , Dorante ?
DORANTS.
Je veux ce qu'il vous plaît : vos ordres sont pour moi Les décrets respectés d'une suprême loi.
' Dana quelque» édition» modernea, on (il reveri an lieu de
Votre bouche, madame, a prononcé sans feindre; Et mon cœur subira votre arrêt sans se plaindre.
HECTOR, bu a Valère.
De l'arrêt tout du long il va payer les frais.
ANGÉLIQUE
Valère, vous voyez pour vous ce que je fais.
VALÈBE.
Jamais tant de bontés...
ANGÉLIQUE
Montrez donc, sans attendre.
Le portrait que de moi vous avez voulu prendre ; Et que votre rival sache à quoi s'en tenir.
VALÈRE, rouillant dam u poche.
Soit... Mais permettez-moi de vous désobéir. C'est mon oncle : en voyant de votre ' amour ce gage. Il joueroit , à vos yeux , un mauvais personnage. Vous savez bien qui l'a.
ANGÉLIQUE
Vous pouvez le montrer.
Il verra mon portrait sans se désespérer.
DOSANTE.
Madame au plus heureux accordant la victoire ', Le triomphe est trop beau, pour n'en pas faire gloire.
VALERE , rouillant toujouri dam ta pocha.
Puisque vous le voulez, il faut vous le chercher : Mais je n'aurai du moins rien à me reprocher. Vous voulez un témoin, il faut vous satisfaire.
HECTOR , apercevant madame la Henoarce.
Ah ! nous sommes perdus , j'aperçois l'usurière.
VALERE
C'est votre faute , si...
(à Hector.)
Qu'as-tu fait du portrait ?
Du portrait ?
VALÈRE
Oui , maraud ; parle , qu'en as-tu fait ? HECTOR, tendant la main par derrière , dil bai à madame
Madame la Ressource , un moment sans paroltre , Prêtez-nous notre gage.
VALÈRE
Ahl chienl ah! double traître 1 Tu l'as perdu.
HECTOR
Monsieur...
VALÈRE , mettant l'épee a U main.
H faut que ton trépas... ■
■ l'édition ori«trtalo et dan» qoelqnea
Jig,[„edby GoOgk
OEUVHES DE REGNARD.
HECTOR, a genoux.
jr, arrêtez, et ne me tuez pas.
Voyant dans ce portrait madame si jolie , Je l'ai mis chez un peintre; il m'en fait la copie.
Tu l'as mis chez un peintre !
HECTOR
Oui, monsieur.
V ALESE -
Ah ! maraud !
Va , cours me le chercher , et miens au plus tôt.
Épargnez-lui ces pas. Il n'est plus temps de feindre.
Ah! c
HECTOR, 1 part.
Nous voilà bien achevés de peindre!
)gne!
VALÈBB, • Angfliqne.
Le peintre...
ANGELIQUE, » ValèK.
Avec de vains détours.
Ingrat , ne croyez pas qu'on m'abuse toujours.
YALÈHE.
Madame, en vérité, de telles épithëtes Ne me vont point du tout.
ANGÉLIQUE
Perfide que vous êtes !
Ce portrait, que tantôt je tous avois donné, Pour le gage d'un coeur le plus passionné , Malgré tous vos serments, parjure, à la même heure, Vous l'avez mis en gage !
VALÈRB.
Ah ! qu'à vos yeux je meure. . .
ANQÉLIQDE.'
Ah ! cessez de vouloir plus long-temps m' outrager, Cœur lâche.
HECTOR. bM » Vilftra.
Nous devions tantôt le dégager ; Et contre mon avis vous avez fait la chose.
H"* LA RESSOURCE
De tous vos débats , moi , je ne suis point la cause ; Et je prétends avoir mon portrait, s'il vous plaît.
HORANTE.
Laissez-le-moi garder; j'en paierai l'intérêt Si fort qu'il vous plaira.