‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 180 sur 1244 · I.E CHEVALIEB · texte numérisé non relu

I.E CHEVALIEB

Ce que je vous en dis n'est que par amitié; Et je vous trouve, moi, trop sage de moitié. (In ne m'entend jamais censurer ni médire, El je ne dis ici que ce que j'entends dire.

LÉANDBE.

On parle volontiers ; mais un homme d'esprit Doit donner rarement créance à ce qu'on dit. De louange et d'encens les hommes sont avares ; Ils font rarement grâce aux vertus les plus rares ; Au lieu qu'avec plaisir, d'une langue sans frein, De leurs traits médisants ils chargent le prochain. Je suis toujours en garde, et n'ai pas voulu croire Cent bruits geméside vous, fâcheux a votre gloire.

LE CHEVAL [EH

Que peut-on, s'il vous plaît, monsieur, dire de moi? On n'insultera pas ma naissance, je croi.

LtAHDlB,

Non.

LK CHKVALIEB.

Nul dans l'univers ne peut dire , je gage. Que dans l'occasion je manque de courage.

LÉ AND RI

I<on.

LE CHfiVALlEB.

Peut-on «n'accuser d'être fourbe , flatteur, Fat, insolent, ingrat, suffisant, imposteur ?

(il prend u ttiMHra. h naraw; prend wagutb

pour Km mouchoir. )

Son, vous dis- je, monsieur; et je ne vois personne Qui de ces vices-là seulement vous soupçonne : Hais on ne me dit pas de vous autant de bien Queje souhaiterais. On dit (je n'en crois rien) Qu'en discours tous prenez un peu trop de licence ; Qu'on ne peut se soustraire à votre médisance; Que vous parlez toujours avant que de penser; Que tout votre mérite est de chanter, danser ; Que , pour vous faire croire homme à bonne fortune. Vous passez en hiver les nuits au clair de lune, À souffler dans vos doigts, et prendre vos ébats Sur la porte d'Iris , qui ne vous connolt pas ; Que souvent vous prenez trop devin de Champagne, El qnït bot que tonjoun quelqu'un von» accompagne , Pour pouvoir vous montrer votre chemin la nuit, Et même quelquefois vous reporter au lit. Enfin, que sais-je, moi? l'on charge ma mémoire . Décent mauvais récits que je ne veux pas croire: Et tout homme prudent doit se garder toujours De donner trop crédit à de mauvais discours.

LE CHSVAUKB.

Adieu, Carlin, adieu.

CARLIN

Monsieur de la musique, Redites-nous encor ce petit air bachique.

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