SCÈNE IX
NÉRDŒ ,' sente.
Avec grand plaisir , moi , je vois cet amour -ci : Cela peut réchauffer notre amoureux transi : Il faut tirer profit d'une telle aventure. ■ Nevois-jepas Crispin ? Quel excès de parure !
. SCÈNE X CRISPIN.NERIIVE.
CftUFtH.
■sel tu vois, non enfant; à peine de retour,
Je donne tous niée soins, tout mon temps à l'amour.
J'arois ches mon tailleur cet habit de réserve ;
Car mon maître des siens n'entend pas qu'on se serve: Et d'abord qu'à Paris , sur F arrière-saison , ■ Nous venons de campagne , ou de la garnison , Pour bien passer l'hiver, il faut de quel-rue belle. Faire , comme tu sais , provision nouvelle. J'ai soin d'être si propre et ai fort ajuste , Qu'aussitôt qu'on me voit on en est enchanté ; Etc'est.jel'avoûrai, dans le dessein de plaire Que je me suis paré plus qu'à mon ordinaire. Nérine, que dis-tn de mon ajustement ■?■
- plains.
Voilà ce qui s'appelle un homme tout charmant.
cmiapm.
Tu me trtmvesdaMebien? Mais, diirtu vrai, coquine? Je n'ai point de défauts; vois, regank, examine....
iriuNS.
Fort bien.
CBISHBT.
Cette encolure? Elle n'est pas d'un sot.
Non.
CR1SPIH.
Pour me foire aimer, je n'ai qu'à dire un mot.
NBBINE.
Sous cet ajustement , tous êtes adorable ; Vous me l'aviez-bien dit.
CBISPIN.
Pour être plus aimable, Plus piquant, plus charmant, je vais me débrailler. Tiens, remarque ces airs.
.HKHISB.
Ah ! qu'ils vous font briller !
CBI9PIB:
La mata dans, la ceinture, un ou deux pas de danse, Et puis du cure-dent l'aimable contenance.
wbeiwb.
Que de raffinement!
XfliSPIN. •
Quand on Veut plaire aux gens , Il n'est rien de si beau que de- curer ses dents : Parmi certaines gens , c'est la belle manière. Hé! vraiment j'oubliois....
HBBINB.
Quoi donc?
cbispih."
La tabatière.
C'est elle qui soutient la conversation. Prenez-en. Dieu me damne! il vaut un million.
HBfitin.
Je le trouve fort bon.
Mais bon par excellence ; [ France :
Et j'en suis mieux pourvu qu'homme qui soit en Des qu'il eii vient d'exquis, j'en al tout le premier .Par un de mes amis devenu sous-fermier. Que dis-tu de ces tous? car tu dots t'y cônnoltrc.
hérihe.
Voilà les airs, les tons d'un joli petit-mattre.
'» CBISPIH. .
Tout le monde m'en flatte, et je m'en, flatte aussi.
NÉBIHK;
Mais a qui veux-tu plaire en te parant ainsi?
Un garçon comme moi , d'esprit et de mérite , Souvent pour s'expliquer veut qu'on le sollicite ; Quand on a des talents , et qu'on les a fait voir ; Je crois, sans vanité, qu'on peut s'en prévaloir: Mais loin de nie targuer de tous mes avantages ; C'estàtMbeanxTeuxseuIsquej'enfaisnKibomma- Je me borne au plaisir, de captiver ton coeur, [ges. Et j'ai pris le dessein de faire ton bonheur. Cesse donc, mon-enfant, de faire la cruelle : Un homme tel que. moi doit te rendre infidèle; Et , loin de t'en blâmer, d'abord qu'on me verra , Je te suis caution que l'on t'approuvera.
Tu ris? Tu vas te rendre, et mon bonheur commence.
"HBRINE, t plrl. '
Le fat! Rions un peu de son impertinence, Et traitons-le si bien qu'il n'y revienne pas.
CBISPIH.
Tu ne me réponds rien , et raisonnes tout bas.
NERtNB , d'an ion d'Innocence.
Quoi ! vous pouvez aimer une simple suivante?
CB1SFIR.
Est-ce la qualité? c'est la beauté qui tente. Des cœurs d'un certain rang je me suis corrigé; Pour une bagatelle ils vous donnent congé.
RJtBIttB.
Lolive est mon amant; vous lé savez.
CBISFIK.
Lolit e !
C'est un plaisant maraud. „'
SIÉIUKE, mr 10 même Ion.
Je suis simple et craintive, Il est soupçonneux, lui, jaloux, hargneux, brutal, Et si j'osois en vous lui donner tin rival , Cette infidélité peut-être auroit des suites.
caispin.
Son, Lolive , crois-moi, respecte mes mentes, Et sait bien qu'avec moi, quand je prends certain ton, Il ne faut pas qu'il songe a tirer au bâton : Autrement... -Là -dessus, -que' tes craintes finissent; Que Lolive aille au diable , et que nos cœurs s'u-
nébinb. I n'Usent.
Mais queva-t-on penser d'un changement si prompt1
CBISPIK., '
Parbleu 1 s'il i'etoi t moins , il me feroit affront ; Je veux qu'un cœur se rende et cède sans remise; Comme César, venir, voir, vaincre, est ma dense
NBBIIIB.
Quelle aimable fierté! je cède à mon vainqueur.
' CBISPlK.
Non, c'est moi qui me rends, et.tedonne mon cour. Friponne !
HBBIHH.
' Il est pour moi d'un prix mestimablt ■
CBISPIH.
Et pour Crispin, Nérine un objet. tout aimable.
ITBBIlfB.
Vous m'aimes donc ?
CBISPIIf.
Très-fort. Pour animer nos feu .
Entonnons un duo de soupirs amoureux.
{ibMUpirent •memble.) Ah! cela va fort bien. Mats faisons plus encore : Disons-nous des douceurs.
' s NKBIHE.
Je t'aime.
Unb