SCÈNE PREMIÈRE
DORANTE, FRONTIN
FBONTIN.
Enfin donc, Célimène emporte la balance?
DOSANTE.
Je me livre au transport d'une juste vengeance. Je veux braver Julie.
FBONTIN.
En conscience, là, Combien de temps encor voudrez -mus bien cela?
DOSANTE.
Combien je le voudrai ?
FBONTIN.
Si pendant un quart d'heure Vous suivez ce dessein, c'est beaucoup, où je meure.
DÛBANTB-
Moi? je pourrais changer après tous tes mépris...? Ah! ne. m'en parle point, le dessein en est pris.
FRON'llN.
Mais, monsieur... •
DOSANTE.
Mais, Frontin, la chose est résolue.
Je suis de mon dépit la puissance absolue, Et la réflexion, venant à son secours , De mesfeui, pour jamais, .vient d'arrêter le cours. J'ai fait mille serments de n'aimer plus Julie.
FBONTIN.
Mais cependant, monsieur, voua la trouviez jolie.
DOBANTB.
Jolie? ab! dis pluUH que c'est une. beauté : Qu'on ne saurait la voir sans en être enchanté ; Qu'elles l'esprit charmant, qu'elle a la vol* divine.
FBONTIN. *
Et vous ne l'aimez plus ?
DOSANTE.
Du moins je l'imagine.
FBONTIN.
Et j'imagine, moi, que vous en êtes fou.
dosante; Va, je te prouverai le contraire.
' Et par où?
DOBANTB.
Par mes empressements auprès de Céliraène. Oui, la reconnoiasance auprès d'elle m'entraîne. Elle m'aime, et je vais lui jurer mille fois
Que ses divins appas m'ont rangé sous ses lois. As-tu vu Nérine?
FBONTIN.
, 'Oh-! je l'ai désabusée.
La chose, à dire vrai, n 'était pas malaisée; Elle ne doutoit point que bientôt la maman Ne vous dégoûtât d'elle; et, pour moi, votre plan M'a paru...
■ ■ DORANTE
Laissons là ta pensée et la sienne.
A-t-elle su calmer Julie et Célimène?
Et leur a-t-elle dit que je ne vonlois plus...
FBONTIN. .
Elles sont toutes deux instruites là-dessus.
DOSANTE.
Allons donc au plus tôt...
.- FBONTIN.
Célimène s'avance.
. DOBANTB.
Tu vas voir si l'amour emporte la balance.