CÉLIMÈNE, DORANTE, FRONTIN
céLIMÈNE , raitn; eu rêvant et «m le* voir. D a beaucoup d'esprit et beaucoup de raison. A voit- il pu former un pareil projet? Non. Mais, sachant que ma mère est facile et crédule. Il la vouloit , je crois , tourner en ridicule.
FRONTIN. I mirante.
Elle donne un beau tour à votre beau projet. Laissons-la dans l'erreur.
DOBANTB.
C'est bien dit.
En effet.
Croirait-on?... Le voici. Tachons avec adresse De savoir quel est donc l'objet de sa tendresse.
frontin . à Dorante.
Elle approche.
DOBANTB.
Ah, Frontin!
FBONTIN.
Quoi ! qu'aveu -vous, monsieur ?
DORANTE . i FroaUn,
Qu'elle est belle!
FBONTIN.
Charmante.
DOBANTB.
Elle efface sa scenr.
Oui.
L'IILRÉSOLU, ACTE IY, SCÈNE III.
DOSANTE.
Je crains qu'à la fin sa beauté ne m'enflamme.
Diable! gardez-cou s-en : ce sera votre femme.
. DOBA.NTE.
.Madame, quel bonheur vqus présente à mes yeux? Mais, bêlas! que je crains de vous être odieux!
CBI.1MÈNB.
Non. D me siérait mal d'affecter de, la haine, Et tous connoissez trop le cceur de Ceiimène. Mes sentiments tantôt ont paru malgré moi.
FIOKT1N . bu 4 «crante. ■
Son cœur est bien malade.
DOSANTS.
Oui, Fronlin, je le foi.
CÉLIMÈNR. ■
Hais n'allez pas penser qu'écoutant ma foiblesse, Je cherche en votre coeur une égale tendresse. Quoique votre conquête eût de quoi me charmer , Je vous ai toujours crû peu capable d'aimer ; Ainsi , je veux me vaincre , et le soin de ma gloire...
" DOSANTS.
Peu capaHe d'aimer ! Avez-vous pu le croire ? Quoi donc! peut-on vous voir, et ne vous aimer pas? Vous présumez trop peu de vos divins appas ; Bien ne peut résister à leur éclat suprême : Ils sauraient attendrir l'indifférence même.
L'indifférence même ! Ah , morbleu I le beau mot !
Vous mentez quelquefois joliment.
DOSANTE.
Tais-toi r sot.
CELIUÈNE.
Eu vain vous me flattez. d'un pareil avantage; Ce n'est point votre cœur fltji me tient ce langage.
DOSANTE.
Vous me faites injure et me oonnoissez peu.
FBONTTN- ■
I>êsqufivoft paraissez , mon maître est tout en feu. C'est ce qu'il me disait tout 3 l'heure.
DOSANTE.
Moi, feindre 1 A cet indigne effort qui pourrait me contraindre ? D'ailleurs , quand je voudrais feindre de vous aimer. Mon cœur, à votre aspect, se laisserait charmer ; Et l'éclat de vos yeux, que personne ne brave, D'un amant supposé sauroit faire un esclave.
FBONT1H.
ïn ne badine point avec votre beauté.
l>a peste! il y fait chaud.
CBLIHENB.
Dites la vérité, 'ourquoi donc osiez -vous proposer à ma mère )e réponse*?
DOSANTE. -.
De grâce, oublions cette affaire.
J'avois quelques raisons pour en user ainsi : Mais. ..
FBONTIN.
Traitons le sujet qui nous assemble ici.
DOSANTE.
Oui, madame, songez que ma plus forte envie Ksi de m'unir à vous , et pour toute ma vie : Trop heureux, si, daignant approuver mon dessein, Vous consentez, madame, à me donner la main. Vous ne répondez rien 1 Ali ! rompez ce silence , Et permettez' du moins qu'une douce espérance...
ÇÉLIUÈNE.
Une mère a sur noms un pouvoir absolu ; Obtenez son aveu, notre hymen est conclu.
Mais je crains que ma soeur...
{Jolie pïroli , et écoute «an» être vue, ) DOSANTE.
Non, belle Oéhnieiie:
Je veux jusqu'au trépas vivre dans votre chaîne : Ce u'est que votrehymen qui peutcomblermes vœux, . Et de tous les mortels je suis le'pius heureux. Que je vous trouve en tout préférable à Julie ! Madame, c'en est fait, pour jamais je l'oublie. Puisque vous acceptez et ma main et mon cœur , Je juré à vos genoux que jamais votre soeur ...
';ji aperfolt JHiie.) Juste Ciel!
CBira-ÈNE.
Qu'avez vous ?.
■ rBONTIN.
. . Achevez donc. ;