‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 666 sur 1244 · CÉLIMÈNE, DORANTE, FRONTIN · texte numérisé non relu

CÉLIMÈNE, DORANTE, FRONTIN

céLIMÈNE , raitn; eu rêvant et «m le* voir. D a beaucoup d'esprit et beaucoup de raison. A voit- il pu former un pareil projet? Non. Mais, sachant que ma mère est facile et crédule. Il la vouloit , je crois , tourner en ridicule.

FRONTIN. I mirante.

Elle donne un beau tour à votre beau projet. Laissons-la dans l'erreur.

DOBANTB.

C'est bien dit.

En effet.

Croirait-on?... Le voici. Tachons avec adresse De savoir quel est donc l'objet de sa tendresse.

frontin . à Dorante.

Elle approche.

DOBANTB.

Ah, Frontin!

FBONTIN.

Quoi ! qu'aveu -vous, monsieur ?

DORANTE . i FroaUn,

Qu'elle est belle!

FBONTIN.

Charmante.

DOBANTB.

Elle efface sa scenr.

Oui.

L'IILRÉSOLU, ACTE IY, SCÈNE III.

DOSANTE.

Je crains qu'à la fin sa beauté ne m'enflamme.

Diable! gardez-cou s-en : ce sera votre femme.

. DOBA.NTE.

.Madame, quel bonheur vqus présente à mes yeux? Mais, bêlas! que je crains de vous être odieux!

CBI.1MÈNB.

Non. D me siérait mal d'affecter de, la haine, Et tous connoissez trop le cceur de Ceiimène. Mes sentiments tantôt ont paru malgré moi.

FIOKT1N . bu 4 «crante. ■

Son cœur est bien malade.

DOSANTS.

Oui, Fronlin, je le foi.

CÉLIMÈNR. ■

Hais n'allez pas penser qu'écoutant ma foiblesse, Je cherche en votre coeur une égale tendresse. Quoique votre conquête eût de quoi me charmer , Je vous ai toujours crû peu capable d'aimer ; Ainsi , je veux me vaincre , et le soin de ma gloire...

" DOSANTS.

Peu capaHe d'aimer ! Avez-vous pu le croire ? Quoi donc! peut-on vous voir, et ne vous aimer pas? Vous présumez trop peu de vos divins appas ; Bien ne peut résister à leur éclat suprême : Ils sauraient attendrir l'indifférence même.

L'indifférence même ! Ah , morbleu I le beau mot !

Vous mentez quelquefois joliment.

DOSANTE.

Tais-toi r sot.

CELIUÈNE.

Eu vain vous me flattez. d'un pareil avantage; Ce n'est point votre cœur fltji me tient ce langage.

DOSANTE.

Vous me faites injure et me oonnoissez peu.

FBONTTN- ■

I>êsqufivoft paraissez , mon maître est tout en feu. C'est ce qu'il me disait tout 3 l'heure.

DOSANTE.

Moi, feindre 1 A cet indigne effort qui pourrait me contraindre ? D'ailleurs , quand je voudrais feindre de vous aimer. Mon cœur, à votre aspect, se laisserait charmer ; Et l'éclat de vos yeux, que personne ne brave, D'un amant supposé sauroit faire un esclave.

FBONT1H.

ïn ne badine point avec votre beauté.

l>a peste! il y fait chaud.

CBLIHENB.

Dites la vérité, 'ourquoi donc osiez -vous proposer à ma mère )e réponse*?

DOSANTE. -.

De grâce, oublions cette affaire.

J'avois quelques raisons pour en user ainsi : Mais. ..

FBONTIN.

Traitons le sujet qui nous assemble ici.

DOSANTE.

Oui, madame, songez que ma plus forte envie Ksi de m'unir à vous , et pour toute ma vie : Trop heureux, si, daignant approuver mon dessein, Vous consentez, madame, à me donner la main. Vous ne répondez rien 1 Ali ! rompez ce silence , Et permettez' du moins qu'une douce espérance...

ÇÉLIUÈNE.

Une mère a sur noms un pouvoir absolu ; Obtenez son aveu, notre hymen est conclu.

Mais je crains que ma soeur...

{Jolie pïroli , et écoute «an» être vue, ) DOSANTE.

Non, belle Oéhnieiie:

Je veux jusqu'au trépas vivre dans votre chaîne : Ce u'est que votrehymen qui peutcomblermes vœux, . Et de tous les mortels je suis le'pius heureux. Que je vous trouve en tout préférable à Julie ! Madame, c'en est fait, pour jamais je l'oublie. Puisque vous acceptez et ma main et mon cœur , Je juré à vos genoux que jamais votre soeur ...

';ji aperfolt JHiie.) Juste Ciel!

CBira-ÈNE.

Qu'avez vous ?.

■ rBONTIN.

. . Achevez donc. ;

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