SCÈNE III
JULIE, CÉUMENE, DORANTE, FROHTIH.
JULIE., à CéUmèBe. i
Vous lui faites jurer de ne m'aimer jamais, Ma sesur! Craignez-vous tant l'effet de mes attraits? Monsieur, à vos genoux, vous Hvre la victoire; S'il ne fait des serments , vous n'osez pas le croire. Ah! vous ne rendez point justice à vos appas, [ras! Qu'est-ce donc ! vous voilà tous deux dans l'embar- Vousnerépondez rien ! Craignez-vous ma présence? Du moins honorez-moi dé votre confidence. Quoi ! pas un mot, Frontin ? Ils se taisent tous trois.
FBONTIN.
Les transports de l'amour nous étouffent la voix.
(Julie se met k rire.) CRL1MÈNK, k Julie.
Ce que vous avez vu vous en doit assez dire , Pour n'avoir pas besoin de vous en faire instruire; Mais, par votre discours, je connois aisément Que l'aveu qu'on m'a fait fous blesse vivement : Et par son embarras je remarque de même Que votre aspect Je jette en un désordre extrême. Je m'inquiète peu d'où cela peut venir, Et vous' pouvez tous deux. vous en entretenir.
(El
DORANTE , JOLIE , FRONTIN
JULIE . i Dorante.
Ce que je .viens de voir a lieu de me surprendre, Et dans vos procédés j'ai peine à vous comprendre. Ha mère , ce matin , a reçu votre foi ; Tout prêt à l'épouser , vous la quittez pour moi : Quand j'y pense le moins, j'apprends cette nouvelle. Je vous dirai bien plus , car je suis naturelle, J'espérais que bientôt je la saurais par vous , Et dans le même instant je vous trouve aux genoux De ma sœur, lui jurant...
Oui , je suis trop sincère.
Madame, pour vouloir vous en faire un mystère. J'estime votre sœur, je l'épouse demain, Si votre mère veut approuver ce dessein.
Ma mère? vous venez de lui faire une offense Qui mérite plutôt qu'elle en tire vengeance.
DORAHTE.
Je ferai mes efforts pour fléchir son courroux.
JULIE
Eh bien I je vous promets.. . de lui parler pour vous.
DORANTE
Vous parlerez pour moi , vous , madame ?
JULIE
Moi-même.
D'où vous vient donc., monsieur, cette surprise exdorantr. [tréme?
C'est que je tn'attendois à vous .voir tout tenter Pour rompre mon projet.
JULIE
Vous osiez vous flatter Jusqu'à croire , monsieur, que je serais jalouse De cette préférence ? Et....
Souvent il se blouse
Dans ses opinions.
Oh! la plaisanté erreur!
Donnez-vous à ma mère ou demandez ma sœur, Tout cela m'est égal ; et mon indifférence Iradepair.au moins, avec votre inconstance. Qui me réjouit fort , ou lieu de m 'affliger. C'est l'unique façon dont je veux me venger. Aimer, ou n'aimer pas , rien ne m'est plus facile ; Et, si j'ai l'esprit vif, j'ai le cœur fort tranquille,
DORANTE
Je vous sais très-bon gré de sa tranquillité. Elle remet le mien en pleine liberté.