HAH0N
Par ■quelle humeur bizarre , Depuis un temps , ami , nous devleni-hs si nnt On a beau te chercher, on ne te trouve pas. Quoi I la vieille comtesse a-t-elle tant d'appas , Qu'il faille à tes amis te dérober pour tOal Parbleu! j'irai tantôt llii faire une qiisrerlft; ..: Qu'elle permette au moins que nous t'ayons le jour.
•u VALÈRE.
Ta veux absolument donner un mauvais tour Aux assiduités que j'ai pour la Comtesse. Tu sais que ses bienfaits méritent ma U
DAMON
Mais , du moins, instruis-moi de vos conventions.
VALitlE.
Il n'est rien de plus pur uue ses intentions. Elle veut que je puisse avec magnificence , Par le bien que j'aurai , soutenir ma naissance ; Et croit que me laisser à moi seul tout le sien. C'en sera le plus noble et le plus sûr moyen . Moi , pour la confirmer dans une telle idée, Et bannir des parents dont elle est obsédée,
Je lui rends chaque jour mille soins assidus.
DAMON
Et ne lui reuds-tu point quelque chose do plus? valkrk. ' '
Tu crois?...
Nous sommes seuls ; il faut ne me rien taire. Parle.
VALÈBB.
Sur mon honneur, voilà tout le mystère. Après un tel serment , tu me connois trop bien , Pour croire qu'eu ceci je te déguise rien.
DAMON
Je me suis donc trompé d'une manière étrange ! Et...
VALÈBB.
. Les mauvais esprits prennent toujours le change.
DAMON
Oui , ta mère En ceci le prenoit comme moi.
VALÈRB.
Elle a pu soupçonner la Comtesse?
DAMON
Oui,i
îfoi;
Nous en avons raillé plus de vingt fois ensemble. La Baronne, entre nous, d'est pas ce qu'il te sem- Son maintien réservé n'est qu'affectation , [ble ; Et malgré tout l'éclat de sa dévotion, Je n'ai jamais connu femme plus médisante. Époux , enfants , amis , parents , surtout la tante , Rien ne peut échapper à ses traits mordïcants. Quoique son bien-aimé, souvent à tes dépens Elle se divertit et se donne carrière.
Que (Uî-eUà de moi ? .
DAMON
Que tu tiens de ton père.
Elle est au désespoir, et se veut bien du mal De l'avoir copié sur cet original.
Oh ! laissons ce sujet , et parlons d'autre affaire. Sur l'hymen de ma soeur j'ai pressenti ma mère : Elle est très-favorable à notre intention , Et voit avec plaisir ton inclination.
DAJUON.
Peint. Lorsque je lui dia du bien de Marianne, Ella applaudit tout hant, mais son cœnrmecondamue; Ses discours, ses regards, tout marque son dépit; Et je ne puis jamais adoucir son esprit , Qu'en avouant qu'elle a des restes de jeunesse , Qu'elle mérite encpr que pour .elle ou s'empresse : Elle ajoute à cela que le Baron est vieux, Qu'elle sait un parti qui me conviendrait mieux, Que ta meut... En un mot, elle me/ait entendre
Que son dessein n'est pas de me faire son gendre.