SCÈNE IV
VALÈRE ; PASQUIN
VALHHB.
Fut-il jamais un homme plus malheureux que moi ? Parle donc :
Mon malheur surpasse le vôtre. Ne suis-jepas le plus infortuné de tous les maris ?
VALÈRE
Un obstacle imprévu rompt tous les engagements de Julie avec mon rival. Je l'ignore; et au lieu de profiter de cet événement, je me réconcilie avec Angélique. Cela n'est-il pas cruel?
PASQUIIf-
Ouî : mais voici quelque chose de plus tragique. Je veux battre ma femme : ç'étoit le droit du jeu , je n'en fais rien de peur de l'éclat. Je veux tuer mon successeur prématuré ; je me trouve plus poltron que lui.
VALÈBE.
Que ferai-je ? Si je vais m "offrir i Julie , elle me
préférera sans doute au couvent; mais mon père,
Angélique, la Comtesse, vont me tomber sur les bras.
FAsguin, rivant a» «œ cftti.
Si je me sépare de ma femme , on va me rire au nez; si je la bats tout mon soûl, je la trierai ; si je la tue j je serai pendu.
Que me conseilles-tu , Pasquin ?
PASQUI1T.
Que me conseillez-vous , moniteur?
VALRB.1,
HemI ne m'en tends-tu pas?
Non , monsieur. De quoi parlez-vous?
- VAJ.ÈBB.
Je parle de Julie.
PAïQura.
Et moi , de ma femme.