‹ Œuvres choisies de E. Scribe 3Chapitre 182 sur 457 · LES PRÉCÉDENTS ; LE VICOMTE · texte numérisé non relu

LES PRÉCÉDENTS ; LE VICOMTE

LE VICOMTE

Madame Gérard , madame la duchesse vous demande.

JOLIE

J’y cours, monsieur. ( Bas, à Charles. ) Mais je vous verrai encore, n’est-il pas vrai?

LE CHEVALIER

Non , plus jamais.

Jl'LlE, à part, s'essuyant les veux qu’elle lève au ciel.

Ah, Charles !

(Elle sort.)

LE VICOMTE, la regardant aller.

Le marquis a raison , celte petite femme est charmante , elle mérite bien ce qu’il veut faire pour elle.

' LE CHEVALIER

Vicomte , j’apprends une chose assez singulière ; l’homme dont je parlais ce matin au marquis , le frère de Julie, est enrôlé dans le régiment de votre oncle, du marquis de Fouquet.

LE VICOMTE

Vraiment ! c’est fort heureux pour lui.

LE CHEVALIER

Très-heureux; car j’espère que vous ne me refuserez pas son congé.

LE VICOMTE

Son congé ! y pensez-vous, chevalier ? Cela fera un superbe grenadier pour la compagnie de Saint-Féréol.

LE CHEVALIER

Mais cet homme ne s’est point donné volontairement , on a surpris sa signature.

LE VICOMTE

Quand on aurait employé un peu de ruse , le grand mal ! un

homme de cinq pieds huit pouces mérite bien qu’ou se donne un peu de peine pour l’engager.

On Ta arraché à ses occupations , on a détruit son avenir.

LE VICOMTE

Du tout ; avec du zèle , il peut devenir caporal , sergent.

LE CHEVALIER

Vicomte, très-sérieusement, il me faut le congé de Raymond.

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