‹ Œuvres choisies de E. Scribe 3Chapitre 279 sur 457 · MALVINA, MARIE · texte numérisé non relu

MALVINA, MARIE

MARIE

Que se passe-t-il donc ?

MALVISA , toujours auprès de la porte.

Bientôt tu le sauras.

MARIE

Et dites-moi, ma cousine, pourquoi , en s’eu allant , mon oncle avait-il l’air si en colère contre moi? Est-cc que tout à l’heure... ? Mais vous ne m’écoutez pas.

MALVINA, regardant vers la gauebe.

Si vraiment.

MARIE

Il a donc été bien fâché quand mon cousin lui a dit que je voulais partir?

MALVINA , allant à elle. • .

Comment ? tu nous quittes ? tu t’éloignes ?

MARIE

Vous le savez bien, puisque vous étiez là.

MALVINA

Oui, c’est vrai... j’étais là... Mais pour quelle raison , surtout dans un pareil moment?

MALVIN A

Oui , au moment où vous allez épouser Arved.

MALVINA, à part.

O ciel !

MARIE

Au moment de votre bonheur, ce n’est pas bien à moi, je le sais ; vous qui m’avez toujours traitée comme une sœur... Mais voyezvous, ma cousine, il le faut ; je ne pourrais pas rester ici, j'en mourrais.

MALVINA

Que dis-tu ? Et loi aussi , tu souffres ! tu es malheureuse !

MARIE

Ah ! plus que je ne puis vous le dire ; mais j’aurai de la force , du courage. Cela se passera... pourvu que je m’en aille et que je ne voie pas ce mariage.

MAL VIN A

Qu’ai-je entendu ? Ce trouble , ces larmes !... Arved... Tu l’aimerais !

MARIE

Moi ! qui vous l’a dit?

MALTINA.

Oui, tu l’aimes, et j’ensuis sûre. (A part. ) O mon Dieu! qu’estce que j’éprouve là? Il ne me manquait plus que ce dernier tourment. ( Haut. ) Aime-le , Marie , aime-le ; c’est le meilleur, le plus généreux des hommes : un pareil amour ne te condamne ni aux regrets ni aux remords. (S’arrêtant avec effroi, et lui faisant signe delà main. ) Tais-toi.

Qu’avez- vous donc ? pourquoi tremblez-vous?

MALV1NA.

C’est mon père ! je l’entends. Va-t’en, va-t’en. (Marie, effrayée, s’enfuit. ) Que je sois seule au moins à subir mon arrêt.

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