MALVINA, MARIE
MARIE
Que se passe-t-il donc ?
MALVISA , toujours auprès de la porte.
Bientôt tu le sauras.
MARIE
Et dites-moi, ma cousine, pourquoi , en s’eu allant , mon oncle avait-il l’air si en colère contre moi? Est-cc que tout à l’heure... ? Mais vous ne m’écoutez pas.
MALVINA, regardant vers la gauebe.
Si vraiment.
MARIE
Il a donc été bien fâché quand mon cousin lui a dit que je voulais partir?
MALVINA , allant à elle. • .
Comment ? tu nous quittes ? tu t’éloignes ?
MARIE
Vous le savez bien, puisque vous étiez là.
MALVINA
Oui, c’est vrai... j’étais là... Mais pour quelle raison , surtout dans un pareil moment?
MALVIN A
Oui , au moment où vous allez épouser Arved.
MALVINA, à part.
O ciel !
MARIE
Au moment de votre bonheur, ce n’est pas bien à moi, je le sais ; vous qui m’avez toujours traitée comme une sœur... Mais voyezvous, ma cousine, il le faut ; je ne pourrais pas rester ici, j'en mourrais.
MALVINA
Que dis-tu ? Et loi aussi , tu souffres ! tu es malheureuse !
MARIE
Ah ! plus que je ne puis vous le dire ; mais j’aurai de la force , du courage. Cela se passera... pourvu que je m’en aille et que je ne voie pas ce mariage.
MAL VIN A
Qu’ai-je entendu ? Ce trouble , ces larmes !... Arved... Tu l’aimerais !
MARIE
Moi ! qui vous l’a dit?
MALTINA.
Oui, tu l’aimes, et j’ensuis sûre. (A part. ) O mon Dieu! qu’estce que j’éprouve là? Il ne me manquait plus que ce dernier tourment. ( Haut. ) Aime-le , Marie , aime-le ; c’est le meilleur, le plus généreux des hommes : un pareil amour ne te condamne ni aux regrets ni aux remords. (S’arrêtant avec effroi, et lui faisant signe delà main. ) Tais-toi.
Qu’avez- vous donc ? pourquoi tremblez-vous?
MALV1NA.
C’est mon père ! je l’entends. Va-t’en, va-t’en. (Marie, effrayée, s’enfuit. ) Que je sois seule au moins à subir mon arrêt.