‹ Œuvres choisies de E. Scribe 3Chapitre 415 sur 457 · ACTE II, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VIII

voyant descendre le long du treillage , me prit sans doute pour un voleur,... et s’avisa de tirer sur moi un coup de fusil.

LÉONIE , poussant un cri , et cachant sa tète dans ses mains.

Ail ! ... ( Étendant tes bras du côte d'Ernest , cl presque à genoux. )

Monsieur !... Monsieur!...

ERNEST

Taisez-vous,... je le veux.

BAI.THAS.wt, de l’autre côté.

C’est fait de moi.

GRINCHEUX

Qu’as-tu donc ?

MADARE DARRENTIÈRES.

Quelle aventure? Mais, ce qu’il y a de plus extraordinaire,... c’est que maintenant je me rappelle parfaitement... C’était au mois de décembre,... la veille de Noël.

ERNEST

Précisément.

MADARE DAttMI.NTII.lt ES.

A telles enseignes , que c’est le lendemain que notre cousin Édouard est parti... ( Mouvement de colère d’Ernest. ) Une nuit trèssombre,... très-pluvieuse;... et ilyavaitplus d’une heure que ma nicce m’avait dit bonsoir, et était montée dans son appartement au-dessous du mien , lorsque j’entends tout doucement , tout doucement,-... le long du treillage , comme quelqu’un qui montait...

ERNEST , l’interrompant.

C’était moi.

BALTHASAR, confondu.

Ah !... c’était vous !

MADAME DARRENTIÈRES-

Et ce que je ne pouvais comprendre , c’est qu’il me semblait , de temps en temps, entendre la voix d’un homme.

ERNEST, avec colère.

D’un homme!... (Se reprenant. ) C’était moi.

BALTHASAR

Il serait possible !... Et moi!... j’en tremble encore,... moi qui ai tiré sur vous !

ERNEST

Que dis-tu?

BALTHASAR , vcnaDt auprès d’Ernest.

Oui, ce coup de fusil que vous avez entendu,... il venait de moi;...

UNE FAUTE

je vous avais ajusté , de bien loin , il est vrai et par bonheur , ma main tremblait... Sans cela... Dans son propre château , et sous les coups de son serviteur,... mon maître, mon pauvre maître...

ERNEST

Allons , lais-toi. Eh ! ne vas-tu pas te désoler ? Après tout , ce n’est qu’une erreur.

( Joséphine passe à la droite du théâtre, auprès de Grincheux. )

BALTHASAR

Oui,... si ce n’était que cela;... si je n’avais pas d’autre crime à me reprocher... Mais il en est un que je ne me pardonnerai jamais... (S’avançant pies deLéonie, et se mettant A genoux devant elle.) Madame la comtesse, ma noble et digne maîtresse, je suis un malheureux , un misérable... J’ai osé vous soupçonner-.. Depuis six mois je vous outrage, je vous accuse!... Trahir un pareil maître,... c’eût été trop mal... Ce n’était pas possible!... Et cependant j’ai pu avoir une pareille pensée!...

LÉON 1 F, , le relevaut.

Balthasar!

BALTHASAR

Vous avez été trop bonne mille fois, car c'est aujourd’hui seulement que vous m’avez puni,... que vous m’avez renvoyé.

MADAME DARMENTIÉRES.

C’est bien, Balthasar , c’est bien.... Dès que vous reconnaissez vos torts.... Nous oublions tout... Cela dépend maintenant de votre maître, il prononcera.

BALTHASAR

Monsieur le comte , m’accordez-vous ma grâce ?

ERNEST , froidement.

Je peux pardonner les injures qui me sont personnelles; mais je ne pardonnerai jamais un soupçon ou un outrage envers ma femme. Plus tard, je verrai ce que je peux faire pour vous... Mais puisque votre maîtresse vous a renvoyé,... sortez.

BALTHASAR

Ah ! c’est bien cruel 1 ( A Ernest. ) Mais je l’ai mérité , mon maître , je l’ai mérité. ( S’avançant prés de Léonic. ) Madame , je fus bien coupable ;... mais vous qui fûtes sans reproche,;., daignez parler pour moi.

ERNEST, à madame Darmentiéres.

Matante... tout à l’heure... (Madame Darmentiéres sort. A José-

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