‹ Œuvres choisies de E. Scribe 3Chapitre 440 sur 457 · HORTENSE, GEORGE · texte numérisé non relu

HORTENSE, GEORGE

GEORGE, étonné, et regardant sortir son oncle.

Qu’est-ce qu’il a donc , mon oncle ?

HORTENSE

Ce qu’il a, George ? Il veut vous marier.

GEORGE

Ah ! c’est là ce qu’il appelle mon bonheur ! J’espère du moins qu’il ne me rendra pas heureux malgré moi; et comme je n’y consens pas...

HORTENSE

Quoi ! sans connaître celle qu’on vous destine ?

GEORGE, avec amertume.

Je ne doute pas qu’elle ne soit riche, jeune, aimable, parfaite, en un mot : c’est vous qui avez daigne la choisir; mais quelle qu’elle soit, je la refuse, je n’en veux pas. Point d’amour, point de mariage, jamais. Je veux rester comme je suis.

HORTENSE

Vous êtes donc bien heureux ?

GEORGE

Moi !... Je suis le plus malheureux des hommes.

HORTENSE , vivement.

Et pourquoi?

CEORCE.

Je ne sais ; une fièvre lente me consume et me tue. Sans espoir, sans avenir, cette vie, que je commence à peine , me semble déjà finie.

Et quelle carrière , cependant , promet d’être plus brillante ? Aimé, estimé de tous , les honneurs vous attendent , la gloire vous appelle , et le désir de servir votre pays n’excite-t-il pas votre ambition?

GEORGE

De l’ambition ! je n’en ai plus. A quoi bon acquérir de la gloire, des honneurs? Pour qui ? A qui les offrir ? qui s’intéresse à moi ?

nORTESSE.

Et nous, monsieur, nous, vos amis et vos parents ?

GEORGE

Oui , je le sais , vous m’aimez bien.

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