‹ Œuvres choisies de E. Scribe (volume 2)Chapitre 18 sur 639 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

IADAME DORBEVAL, madame DE BRIENNE.

(Elles entrent du fond.) ll\n\vn. DOBBETAL.

Je te revois enfin ! embrassons-nous encore! Que c'est bien à toi d'être venue aurai ^ lie !

■ADAME DE r.KII.wi .

J'ai cru que je n'arriverais jamais, et cependant nous allions jour et nuit.

Mvnwii: MtBOTAI ..

Tu dois être accablée de fatigue?

■ADAME ni ll'.ll \

Oui , il y a quelques jours , en Allemagne , je m'en plaignais un peu; mais depuis la frontière , je ne m'en aperçois plus : c'e*t si boa de revoir la France ! Qu'elle m'a paru belle ! et à mesure que nous approchions de Paris , comme mon cœur battait, et comme

les postillons allaient lentement ! Mais quand je me suis vue dans ces murs, quand j'ai reconnu mes rues, mes boulevards, mes physionomies parisiennes , je ne puis te dire ce que j'ai éprouvé. Ce bruit, ce tumulte de la capitale, cette foule qui se jetait sur mes pas , jusqu'aux embarras qui arrêtaient notre voiture, tout rae semblait beau , admirable. J'étais si heureuse !

MADAME DOKBEVAL.

C'est moi qui le suis maintenant !

MADAME DE BBJENNE.

Chère Élise! j'ai tant de choses à te dire, tu en as tant à me raconter! car je t'ai quittée demoiselle , et te voilà mariée! On

trouve tant de changements quand on revient de Russie !

Et moi donc, si tu savais Mais par où commencer? voilà le

difficile !

MADAME DORBEYAL.

Parlons de toi d'abord ; car je ne sais rien : tu ne me disais pas où je pourrais t'écrire, et toi-même ne m'adressais jamais que quelques lignes sur ta santé.

MADAME DE BBXENN1

Que veux-tu ? il n'aimait pas qu'on m'écrivit, encore moins que j'écrivisse... même à mes amies intimes.

MADAME DORBEYAL.

.l'entends : il, c'est ton mari.

MADAME DE BRIENRE.

Et qui serait-ce donc? Je savais même qu'en lui montrant mes lettres je lui faisais plaisir , et il les lisait toutes : voilà pourquoi ma correspondance ne contenait jamais que des nouvelles officielles.

BADAM1 DOBBB1 M..

Je comprends; mais c'est toujours fort mal.

MADAME DE BRU MUS

Non ; n'ayant que mon amitié , il était naturel qu'il en fut jaloux ; (railleurs mon devoir était de tout lui sacrifier , même mes plus Chères affections j et ce devoir, je l'ai rempli jusqu'à ses derniers

moments.

MADsmi. DORBEYAL.

0 ciel! tu serais veuve?

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