‹ Œuvres choisies de E. Scribe (volume 2)Chapitre 35 sur 639 · POLI CM · texte numérisé non relu

POLI CM

Oui, j'avais celle de vous rendre heureuse; il est si doux d'enrichir ce qu'on aime! Mais vous voir éclipsée par des femmes orgueilleuses, qui sont si loin de vous, et tjui ne vous valent pas! c'est là ce qui me froisse et m'humilie. Mon bonheur eût été de prévenir tous vos vœux, de voler au-devant de vos moindres désirs; au lieu de cela, lorsque je verrai vos yeux attachés sur quelques brillantes parures, je serai donc obligé de vous dire : Ne les regardez pas; je ne puis vous les donner.

MADAME DE BRIENHE.

Eh bien, mon ami ! je ne les regarderai pas ; je ne regarderai que vous. Ces parures dont vous me parlez, certainement je les aimerais assez, c'est si naturel! quelle est la femme qui n'y tient pas un peu? Moi, j'y tiendrais pour vous plaire ; et si je vous plais sans cela, qifaurais-je à regretter? Quand nous verrons passer des femmes élégantes dans un riche équipage, je serai modestement à pied, il est vrai, mais je serai près de vous, je m'appuierai sur votre bras; et si elles pouvaient lire dans mon cœur, ce seraient elles peut-être qui me porteraient envie.

POLIGNI.

Chère Amélie!

MADAME Di. BRIENNE.

Quand on s'aime, les privations coulent si peu! elles deviennent des plaisirs: et si vous n'avez pas d'autres tourments, j'espère vous prouver «pic votre chagrin n'a pa8 le sens commun. Monsieur de Brienne m'a bien laissé par testament tout ce qu'il pouvait posséder ; mais la succession réglée, il ne reste rien (pic ma dot ; trou ou quatre mille livreBde rentes en fonds déterre, voila ma fortune. Et la vôtre?

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