MADAME DE RU II UNE
Je pourrais vous être utile ! Ah , combien je vous remercie ! je ne croyais pas qu'un pareil plaisir me fût réservé ; car j'ai entendu parler de vos succès.
OLIVIER
Il serait vrai !...
M \ DAME DE IIP. Il NUE.
En arrivant ici , votre nom est le premier qui ait frappé mon oreille; et jugez de mon bonheur, moi, une étrangère; jetais toute licre de connaître un homme célèbre ; je me suis hâtée de le dire , car votre gloire appartient à vos amis , et il est naturel qu'Ut B*en vantent.
OUI il K.
Ah ! s'il est vrai que j'aie quelques talents , si quelques su< ont couronné mes efforts , vous savez à qui je les dois. Orphelin et sans ressources , jo serais mort de misère et de faim , ou , trai-
liant une pénible existence, je serais maintenant un artisan, un soldat ignoré , si monsieur de Brienne n'avait daigné me recueillir et me protéger. Ah! que n'a-t-il pu jouir de ses bienfaits! que n'a-t-il été témoin de mes premiers triomphes ! Vous veniez de quitter notre patrie , et je me rappelle encore ce jour solennel , cet asile dos arts , où siégeaient tous les talents dont s'honore la France , où la récompense du mérite est décernée par le mérite lui-même. Hélas ! dans cette nombreuse et brillante assemblée , je cherchais monsieur de Brienne, je vous cherchais, madame, et quand mon nom fut proclamé , quand ce prix de peinture, ce premier prix me fut accordé, nul regard ne cherchait les miens pour me féliciter; nulle sœur , nulle amie n'était là pour partager mon triomphe ou comprendre mon bonheur. Comme étranger, comme abandonné au milieu île la foule , je rentrai chez moi la mort dans l'àme, et triste de ma joie solitaire, je cachai en pleurant cette couronne que je venais d'obtenir , et que je réservais à mon bienfaiteur. Ah ! je ne croyais pas alors devoir la déposer sur sa tombe. Mais pardon de renouveler vos douleurs, de vous rappeler de pareils souvenirs!
MADAME DE BRIENNE
Ah ! ne le craignez pas; mon cœur se les retrace souvent. Mais en me parlant de monsieur de Brienne et des services qu'il vous rendit , je vous reprocherai d'oublier celui que vous attendiez de moi.
Ol t \ IKK.
Oui, madame ! oui, vous avez raison ; mais c'est qu'au moment de nous en parler, cela dc\ ient plus difficile que jamais , et j'ainierais mieux remettre cette conversation à un autre instant.
MADAME 1)1. BRU NNB.
Comme vous voudrez , si rien ne presse.
Au contraire , madame , c'est lies-pressé; car le sujet dont je fOOlaifl VOUI entretenir, a coup sur, bien d'autres \oiis en parleront ; et d'être le premier en date , c'est toujours un titre ,... pour
inui , mrtOUl , qui n'en ai pas d'autre.
KADAMI Dl cr.iiNM
Mon ami , je ne \<>\\^ comprend! pas.
oui 11 |;-
.!<• le Oroil bien , CM ]C Dl IUÎI pas bien st'ir de me comprendre
moi-même. Aussi, promeUez*moi de l'indulgence*