EM HELENE
Des promesses sacrées et des serments antérieurs.
M. DEttVIÈKE.
Qu'est-ce que j'apprends là? Comment, mademoiselle, sans ma permission!
EMMELI.NE.
Non, mon papa ! jamais sans votre permission ; si vous voulez me promettre de ne pas me gronder et de ne plus contraindre mon inclination , je m'en vais tout vous raconter.
M. DERVIÈRE.
Je vous demande, qui s'en serait douté? Une petite fille de seize ans , qui ne m'a jamais quitté, qui ne voit personne ! Allons , mademoiselle , parlez vite.
EMMELI.NE.
Vous savez que j'ai été élevée ici, auprès de* vous , par ma vieille tante Judith.
m. dervière.
Ma défunte belle-sœur : une vertueuse , une excellente fille , qui n'avait qu'un seul défaut ; c'était de consommer un roman par jour : les quatre volumes y passaient.
EMMEUNt.
C'est là dedans qu'elle m'a appris à lire; et j'avais alors pour fidèle société mon cousin Charles, qui était orphelin, sans fortune , et que vous aviez recueilli chez vous.
M. DERVIÈRE.
Eh bien ! après ?
EMMELINE
Eh bien! quoiqu'il fut plus âgé que moi, nous passions nos jours ensemble , nous nous voyions à chaque instant ; nos études , nos plaisirs, étaient les mêmes ; je l'appelais mon frère, il m'appelait sa petite sœur , parce que ma tante Judith nous avait lu Paul et Virginie ; c'était moi qui étais Virginie , et c'était lui qui était Paul ; et la fin de tout cela , c'est que nous nous sommes aiscribe. — T. H. 19
mes éperdument , et que nous nous sommes juré une constance éternelle.
M. DERVIÈRE.
Laissez donc ensemble des cousins et des cousines; moi qui y allais de confiance ! Eh bien , mademoiselle ?