‹ Œuvres choisies de E. ScribeChapitre 202 sur 414 · I.MMELINE · texte numérisé non relu

I.MMELINE

Eh bien , un jour il nous a quittés, il est parti comme commisvoyageur en pays étranger ; mais avant son départ il m'a dit : « Tu « es riche, et je n'ai rien ; on te fera sans doute épouser quelqu'un, « parce que les pères, en général , sont injustes et tyranniques, « du moins tous ceux que nous avons lus. » Et alors , pour le rassurer, je lui ai promis que je ne me marierais pas avant son retour ; il m'a donné un anneau que voici , je lui en ai donné un autre ; depuis, j'ai toujours pensé à lui , mais je ne l'ai plus revu.

Tu ne l'as plus revu?

EMMELENE.

Vous le savez bien, puisqu'il n'est jamais venu ici.

m. DEr.viÈr,;:.

Et vous n'aviez jamais ensemble aucune correspondance ?

EMMELENT.

Aucune , excepté les jours de lune ; tous les soirs , à la même heure, j'allais la regarder, et lui aussi : c'était convenu entre nous.

M. DERVIÈRE.

Voilà certainement une correspondance bien innocente.

EMMELINE

Air : Le choix que fait tout le village. Lorsque brillait, sur la céleste voùle, L'astre des nuits, l'astre du sentiment, Le regardant , je me disais : Sans doute De son côté Charles en fait aulanl.

M. DERVIÈRE.

Eh quoi ! c'est là le seul nœul qui vous lie?

EMMELLINE.

Est-il des noeuds plus forts et plus puissants? Ne doit- on pas s'aimer toute la vie, Lorsque le ciel a reçu nos serments ?

M. DERVIÈRE.

Malgré cela , le mal n'est pas si grand que je croyais , car enfin ton cousin est parti depuis longtemps; et tu me permettras de te dire qu'un pareil amour est un enfantillage.

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