‹ Œuvres choisies de E. ScribeChapitre 223 sur 414 · KIN VILLE · texte numérisé non relu

KIN VILLE

C'est ce que j'allais vous dire.

CHARLES

Par exemple, la farce sera bonne, ça en fera une de plus; mais j'en ai déjà tant fait ! sans compter celles qu'on m'a fait faire. Mais, oserai-je vous demander, monsieur, à qui je suis redevable?...

RINVILLE.

Je suis neveu de votre oncle.

CHARLES

Vous êtes mon cousin ? Ah ! c'est du côté de mon oncle Laverdure.

Précisément ! mais service pour service. Quand vous allez être M. de Rinville, je vous prie de ne pas parler de moi à mon oncle ; car nous sommes brouillés, et il vient de me renvoyer de chez lui.

CHARLES

Vraiment ! Vous avez donc fait aussi des farces ?

RIWILLE.

Les mêmes que vous.

CHARLES

Oh ! diable ! Alors c'est fameux ! Il parait que c'est dans le sang. Touchez là, cousin, et promettons-nous alliance mutuelle.

RINVILLE, lui prenant la main.

Qu'est-ce que vous avez donc là, et quelle est cette bague?

CHARLES

C'est d'autrefois, dans le temps où j'étais simple et innocent ; c'est un cadeau de ma cousine , un souvenir d'enfance; et je suis sur qu'elle a conservé le pareil.

RINVILLE, la retirant de son doigt.

Gardez-vous alors de le porter si vous ne voulez pas qu'elle vous reconnaisse.

CHARLES

C'est ma foi vrai, je n'y pensais pas.

RINVILLE.

Pour plus de sûreté, je le garde aujourd'hui.

CHARLES

Tant que vous voudrez, mon cousin.

Silence ! c'est notre famille, et je ne veux pas qu'on me voie.

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