SCÈNE VIIÎ
Grand Dieu! quel embarras !
Elle est toute tremblante Et n'ose faire un pas.
L'entrevue est touchante.
Voyez quel embarras:
Elle est toute tremblante ; Us n'osent faire un pas.
CAMILLE
Grand Dieu ! quel embarras!
Je suis toute tremblante
Et n'ose faire un pas.
ALPHONSE, sur le devant de la scène, à gancliP.
Grand Dieu ! quel embarras !
Elle est toute tremblante
Et n'ose faire un pas.
tous.
Grand Dieu ! quel embarras !
M. DUMESNIL, à sa femme.
Eh bien! avance donc.
MADAME DCMESML.
Ah cà ! Camille , ne te tiens donc pas dans ma poche.
( Ils s'avancent tous trois. Alphonse va au-devant d'eux en saluant. ) ALPHONSE.
Mille pardons de vous avoir dérangés; et vous surtout, madame, combien je vous dois d'excuses !
MADAME DUMESN1L.
C'est M. Alphonse de Luceval , notre nouveau voisin.
M. DUMESMI..
C'est nous qui sommes confus; vous nous surprenez dans un négligé...
DUGOUDRAI , à part.
Qu'est-ce qu'il dit donc? ils sont superbes.
M. niMESNIL.
Mais à la campagne , on agit sans façons ; et vous nous pardonnerez de vous avoir fait attendre.
ALPHONSE
Le temps ne m'a pas paru long , car je causais avec monsieur, qui faisait votre éloge.
M. DIMESML.
Cet excellent ami !... Permettez que je vous présente ma fille.
m LA DEMOISELLE A MARIER.
ALPHONSE
Mademoiselle...
MADAME DUMESNIL, bas à Camille.
Air de Paris et le village.
Allons , tenez-vous comme il faut , Levez la tète davantage.
CAMILLE, bas.
Mais ma robe me gène trop.
ALPHONSE , à part , en regardant Camille. Quelle parure! c'est dommage!
MADAME DUMESNIL , bas à son raari.
Déjà je le vois enchaîné.
ALPHONSE, la regardant toujours.
Elle serait mieux, je parie, Sans tout le mal qu'on s'est donné Pour l'empêcher d'être jolie.
( A part. ) Et moi qui avais demandé qu'elle ne fût pas prévenue ;
allons, On m'a manqué de parole. ( Us sont rangés dans l'ordre suivant : Alphonse le premier à droite du spectateur, Camille loin de lui au milieu du théâtre, entre M. et madame Duincsnil, et Ducoudrai à gauche.) M. DUMESNIL, bas, à sa femme.
Maintenant , pour l'achever, tache donc de faire parler ta fille , car elle n'a pas encore dit un mot.
MADAME DUMESNIL
Elle qui d'ordinaire est d'une gaieté. ( Bas, s'approchautde sa fille. ) Allons , ma fille , allons , mademoiselle , tachez donc d'être aimable.
CAMILLE, de même.
Je ne peux pas quand on me regarde.
M. DUMESNIL, bas à Ducoudrai.
Soutiens un peu la conversation, toi qui es le parrain, et qui n'as rien à faire.
DUCOUDRAI, à part.
Ils ont raison ; si je ne m'en mêle pas, ils ne s'en tireront jamais, le prétendu surtout , qui a raison d'être riche , car il a l'air de n'être pas fort... (Traversant le théâtre, et passant entre Alphonse et Camille.)
Eh bien , jeune homme , comment trouvez- vous notre pays ?
ALPHONSE , à part.
En voilà un qui , avec son ton protecteur, me déplaît souverainement.