SCÈNE IX
MADAME DUMESNIL
C'est sans façons, ce qu'il y aura.
BAPTISTE
Marguerite dit qu'on ne fasse pas attendre , parce que le soufflé va tomber.
MADAME DUMESNIL, bas.
Veux-tu te taire ?
ALPHONSE
Je venais seulement pour causer avec M. Dumesnil de ces quatre arpents qu'il veut me céder.
DUCOIDRAI.
Eh bien , nous en parlerons à table ; c'est là qu'il faut parler d'affaires.
ALPHONSE
Impossible, car je vous avouerai franchement que j'ai déjà déjeuné.
M. et MADAME DUMESNIL.
Il a déjeuné !
H UDAME DUMESNIL, à part.
Et tous mes préparatifs! Voilà le dernier coup... Je n'y suis plus, mes idées se brouillent. (Haut, à Alphonse. ) Comment! monsieur, vous avez déjeuné?
ALPHONSE
Oui , madame, avant de partir, une tasse de lait.
MADAME DUMESNIL
C'est comme ma fille, ce matiu , à la ferme.
ALPHONSE , à part.
Comme sa fille ! Parbleu , celui-là est trop fort !
DUCOUDRAI.
Eh bien ! il n'y a pas de mal. ( Bas, à M. et à madame Dumesnil. ) Ne
vous en mêlez plus, car depuis une heure vous ne faites que des sottises.
M. DUMESNIL
C'est bien possible ; le manque d'habitude...
DUCOUDr.AI.
Allons vite nous mettre à table.
M. et MADAME DUMESNIL, bas.
C'est fini, je n'ai plus faim.
DECOUDRAI.
N'importe, venez toujours. ( A Alphonse. ) Mille pardons, mon
jeune ami , de vous laisser ainsi ! Ma filleule , qui a aussi déjeuné , voudra bien vous tenir compagnie.
CAMILLE
Ah , mon Dieu ! comment vous voulez...
DUCOUDRAI , bas à M. Dtimesuil.
Comme ça , voyez- vous , ça n'a pas l'air d'une entrevue.
Air du vaudeville des Deux Matinées.
Nous allons nous mettre à table , Et nous revenons ici.
M. DUMESML, bas.
Oui, l'idée est admirable !
Quel bonheur qu'un tel ami !
MADAME DIMESML , bas.
Oui , c'est un moyen honnête.
M. DIMESNIL.
Quand nous perdons tous l'esprit , Lui seul conserve la tète.
ûucoldrai.
Et surtout mon appétit.
Je conserve mon appétit.
ENSEMBLE
Nous allons nous mettre à table, Et nous revenons ici.
Oui , l'idée est admirable !
Quel bonheur qu'un tel ami !
(Ils entrent dans la salle à manger. )
SGÈx\E X.