‹ Œuvres choisies de E. ScribeChapitre 4 sur 414 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

JUSTINE

Il est devenu un monsieur comme il faut , un artiste à la mode ; il demeure rue Yivienne; il a un salon pour la coupe des cheveux , et une école de perfectionnement ; il s'appelle M. Alcibiade.

MADEMOISELLE DESROCHES

Alcibiade! c'est un beau nom.

JUSTINE

Et puis , il est si joli garçon , si aimable , et il a tant de talent ! Aussi je trouve tout naturel qu'il ait de l'ambition , et qu'il cherche à faire fortune. Vous sentez bien qu'il serait plus agréable pour moi d'être dans un beau salon, avec des miroirs et des meubles eu acajou. Mais j'ai peur que toutes ces splendeurs ne l'éblouissent, que l'huile de Macassar ne lui porte à la tête, et qu'il ne finisse par m'oublier.

MADEMOISELLE DESROCHES

Allons, ne vas-tu pas être jalouse?

JUSTINE

Écoutez donc; il coiffe le faubourg Saint-Germain, la Chausséed'Antin , et même la Nouvelle- Athènes !

Air : Du partage de la richesse.

Plus d'une dame, et jolie et coquette, Dont le peignoir embellit les attraits ; En négligé, l'admet à sa toilette ;

Je sais qu'il m'est iidèle... mais

Les occasions rend't tout facile ; On dit qu'aux ch'veux il faut les prend' soudain... Jugez alors sij'doisétre tranquille, Lui qui les a tous les jours sous la main !

Aussi je prévois qu'un jour j'aurai bien des chagrins! Mais enfin , ça m'est égal , je me risque ; et pourvu que je devienne un jour madame Alcibiade.,. Ah! mon Dieu! c'est mon oncle!

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