‹ Œuvres choisies de E. ScribeChapitre 40 sur 414 · SCÈNE IV. i · texte numérisé non relu

SCÈNE IV. i

DUCROS

C'est vrai, c'est vrai; eh bien , je le prendrai en payement de vos loyers.

Non pas , non pas ; cela vaut un peu plus.

CAMILLE

Je crois bien, un tableau comme celui-là.

Tenez, pour ne pas marchander, six cents francs et notre amitié.

Dl'CROS.

J'aimerais mieux cinq cents francs tout court ; c'est plus rond, c'est portatif.

Air : A soixante ans.

Allons , messieurs... (A part.) Plus je le considère, Je m'y connais , c'est bien moins qu'il ne vaut. (Haut, et repassant entre Auguste et Scipion.) Acceptez-vous , pour terminer l'affaire, Mes cinq cents francs ?

Va donc, puisqu'il le faut; Mais en honneur, ce n'est pas trop.

(Montrant le tableau.) .La jarretière elle seule , et sans peine , Vaut cent écus,

AUGUSTE

Comme c'est détaché !

Du procédé soyez au moins louché :

ENSEMBLE

Pour deux cents francs , nous vous laissons la reine ,

AUGUSTE

Et Leicester par-dessus le marché. {Bis.)

DUCROS

Allons , puisque c'est conclu , dans une heure je viendrai le chercher en vous apportant l'argent. ( Il salue les jeunes gens. A part.) Puisqu'il est impossible ( désignant Camille ) de lui parler. ( U glisse

une petite lettre dans le panier de Camille, qui est assise et occupée à travailler. ) Eh*bien, ma charmante, ètes-vous contente de moi? C'est pour vous ce que j'en fais.

Eh bien, monsieur Ducros ! que faites-vous donc?

DUCROS

Rien. Enchanté de m'être entendu avec vous , parce que le commerce, les arts , tout cela se doit un mutuel appui. (Regardant le tableau.) Quel coloris ! quelle jarretière ! Dieu ! que la jarretière est bien ! Adieu , adieu, ma charmante , vous aurez de mes nouvelles plus tôt que vous ne croyez.

(Il sort.)

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