‹ Œuvres choisies de E. ScribeChapitre 65 sur 414 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

URSULE

Quoi , vraiment ! Ce pauvre Léon ! Ah ! s'il en est ainsi , j'en suis bien fâchée; car mon intention était de plaisanter.

PHILIPPON

En attendant, il n'a plus osé se présenter chez vous ; mais il vient aujourd'hui.

URSULE

Que dites-vous? est-ce qu'il vient au château P

PHILIPPON

Oui; je lui ai envoyé ce matin un exprès : Gainai a des projets sur lui. Un agent de change ! cela peut lui être utile ; et puis il a une fille à marier.

URSULE

Eh quoi! vous penseriez...

PHILIPPON

Moi , je pense à tout. Nous avons ici M. Derinont , le receveur des domaines , qui a deux filles charmantes ! mademoiselle Juliette et mademoiselle Malvina. Il ne faut rien négliger.

Air : Le choix que fait tout le village.

Jamais pour moi je n'aimai la richesse; Mais pour Léon , ah ! c'est bien différent ;

Pour lui , l'ambition me presse , Pour lui je crois, je deviens intrigant.

Les démarches, les soins, la gène, Tout se compense et tout est ennobli; Car je me dis : pour moi sera la peine,

Et le profit sera pour lui.

Mais , tenez , c'est lui-même que j'entends. SCÈNE III.

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