‹ Œuvres choisies de FontenelleChapitre 17 sur 61 · XX PREFACE · texte numérisé non relu

XX PREFACE

de ressembler au genre agressif et violent en usage au XVII^ siècle. Sous ce point de vue, il semble que nous ayons fait des progrès par les bons côtés ; nous n'avons plus l'injure aussi facile ni aussi grossière. Nous mettons plus de calme et plus de convenance dans nos jugements : car, après tout, de quoi peut être coupable un écrivain dont l'ccuvre ne nous plait pas? Nous lui devrions, au contraire, une certaine gratitude pour nous avoir fourni la satisfaction de croire que nous avons plus d'esprit que lui. Mais au XVII^ siècle il n'en allait pas ainsi : on prenait place dans un camp, et de là on tirait, au hasard bien souvent, sur l'ennemi inconnu placé dans le camp opposé. C'est ainsi que Kacine eut des ennemis qui causèrent à son légitime orgueil des blessures assez cuisantes : cela lui fil-il comprendre l'injustice d'une critique si peu courtoise? Au contraire, it riposta sur le même ton ; s'il s'était contenté de répondre à ses adversaires de la même façon, il n'y eut eu rien de répréhcnsible, encore qu'on pût attendre d'un esprit supérieur plus de modération ; mais, quand Fontenelle , à l'âge de vingt ans, apporte de Kouen à Paris une tragédie qui échoue, qui est sifffée, est-ce un motif pour Kacine de décocher contre un jeune débutant une de ses plus méchantes épigrammes? En 1681, date de la représentation d'AsPAR, Kacine avait dit adieu au théâtre. Tout entier à sa charge dans les finances, à ses devoirs d'historiographe, il n'avait plus à s'occuper des

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